Altice s’appuie sur la dette pour conquérir un marché des télécoms très contrôlé par l’Etat — les résultats ne sont pas au rendez-vous. (Simone Wapler pour La Chronique Agora)

Il y a moins d’appétit pour la dette sur les marchés financiers depuis quelque temps.

Les obligations risquées américaines, dites high yield ou junk bonds, chutent depuis presqu’un mois maintenant.

Evolutions comparées de l'indice Dow Jones et des obligations risquées

Certains commencent à s’inquiéter des marchés soutenus par la dette, comme celui de l’automobile aux Etats-Unis.

Bloomberg :

« Les défauts sur les crédits auto subprime approchent un niveau de crise chez les prêteurs indépendants des banques. »

bloomberg

Il s’agit de crédits accordés par des concessionnaires ou des organismes spécialisés qui portent sur 200 Mds$.

Inquiétudes aussi en Chine qui a embrassé le « créditisme ». Selon ce système (qui n’a rien à voir avec le capitalisme), une banque prête de l’argent qui n’existe pas et se rembourse sur les futurs profits. La croissance de la Chine repose sur la croissance du crédit et non pas sur la rentabilité de son économie.

A l’inverse, dans un système vraiment capitaliste, une banque prête de l’argent adossé à de l’épargne existante qui s’est constituée grâce à la profitabilité d’anciens projets.

Faute de bénéfices, les investisseurs commencent à hésiter et les marchés actions sont en recul presque partout dans le monde.

Des obligations aux actions : les entreprises endettées ont moins la cote

Altice, une société emblématique du créditisme, dévisse en bourse. Altice opère dans le secteur des télécoms miné par le capitalisme de copinage et d’Etat, un capitalisme qui multiplie les réglementations, les taxations, les subventions, les sourcilleuses autorités de contrôle, les licences accordées par l’Etat, etc.

Altice s’est appuyée sur la dette pour prendre des parts du marché des télécommunications mais les résultats de SFR déçoivent. Du coup, les analystes commencent à regarder avec effroi les 50 Mds€ de dette. Certes les échéances de remboursement du principal commencent seulement en 2022 et les intérêts de la dette ne coûtent en 2017 que 1 Md€, un taux d’ami…

Mais la peur commence à se réveiller.

Certains actionnaires vendent.

Altice graphe novembre 2017 cours

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