L’Argentine pourrait être la pointe émergée d’un iceberg capable de couler le mythe selon lequel les déficits n’ont pas d’importance. (Simone Wapler pour La Chronique Agora)

Prendre au sérieux l’Argentine ? Non, ce n’est pas une plaisanterie… même si l’Argentine est un petit pays (sur le plan économique) peuplé de farfelus.

Bill Bonner vous dresse un tableau des difficultés rencontrées par ce pays qui veut renouer avec l’économie de marché, la concurrence… bref, l’économie normale par opposition au planisme et à l’interventionnisme.

Après un redressement spectaculaire en 2017, la libération de prix – auparavant sous contrôle du gouvernement – fait exploser l’inflation, le déficit commercial et fait plonger le peso.

L’Argentine – comme beaucoup d’autres pays qualifiés d’émergents – a profité de la faiblesse du dollar pour s’endetter en dollar.

Hier, une note de l’IIF (Institute of International Finance) intitulée The Deal With Argentina (« Le problème avec l’Argentine ») revenait sur la question de la dette émergente.

« La hausse des taux d’intérêt dans le monde soulève la question de savoir si le cas de l’Argentine est un cas particulier ou un signe avant-coureur« .

L’IIF estime que 30 milliards de dollars d’aide ne seraient peut-être pas suffisants pour enrayer la crise argentine.

Qui se souvient encore de la crise d’Amérique Latine survenue au début des années 1980 et de la crise mexicaine dite Tequila Crisis des années 1994-1995 ? Cette dernière avait pourtant failli causer la chute de banques, courtiers et fonds de pension américain engagés pour plus de 20 milliards de dollars (*). Le gouvernement Clinton était intervenu pour limiter les dégâts (et protéger Goldman Sachs).

Deux autres pays d’Amérique Latine sont aujourd’hui menacés par la hausse du dollar et des taux d’intérêt : le Brésil et le Mexique, qui à eux deux représentent 60% du PIB de la région.

Autre pays émergent très endetté en dollar et cité par l’IIF : la Turquie.

D’une crise monétaire à une crise de la dette

En 2015 et au début de 2016, les marchés émergents sont redevenus une destination à la mode pour l’argent en mal de rendement.

Des fonds américains de bon père de famille ont succombé au charme de taux d’intérêt bien supérieurs à ceux servis en dollar. Les capitaux affluant ont fait monter les monnaies des pays concernés.

Aujourd’hui, alors que les taux à 10 ans flirtent à nouveau avec les 3%, la marée se retire, les capitaux refluent, ces mêmes monnaies baissent.

Il devient de plus en plus difficile pour les gouvernements d’honorer une dette en dollar à un taux élevé avec une monnaie qui se déprécie en raison du reflux des capitaux.

La dépréciation de la monnaie entraine un déficit commercial et importe de l’inflation, ce qui accélère la descente aux enfers de la monnaie.

Bitcoin ou or : quel est le meilleur abri de crise ?

 

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