Les investisseurs institutionnels sont-ils vraiment conscients des risques que posent les bulles financières ? (Simone Wapler pour La Chronique Agora)

Si vous êtes amateur de champagne, vous préférez peut-être le « fines bulles » qui montent en petites colonnes effervescentes. A moins que votre goût ne vous porte plutôt sur les grosses bulles, plus désordonnées et explosives que pétillantes.

Mais de toutes façons, toutes terminent par exploser à la surface. Et au passage : non, évidemment, une petite cuiller dans une bouteille de champagne ouverte ne conserve pas plus de bulles.

Sur les marchés financiers, tout est désormais bulle. L’argent frelaté, telle la liqueur champenoise, a bien fait le boulot. Grosses bulles, petites bulles, il y en a pour tous les goûts.

Les Echos, dans son édition d’hier, fait état d’une enquête auprès des investisseurs institutionnels, les zinzins, sondés par Natixis.

« Principale inquiétude, à côté du risque géopolitique, le développement des bulles financières ».

  • 23% des institutionnels anticipent une bulle immobilière
  • 30% des institutionnels anticipent une bulle sur les actions
  • 42% des institutionnels anticipent une bulle obligataire
  • 64% des institutionnels anticipent une bulle du bitcoin

Notez bien, cher lecteur, le gros danger de la bulle du bitcoin pointée par nos zinzins. Pourtant la capitalisation actuelle du bitcoin et des cryptomonnaies n’est que de 400 Mds$, 80 misérables kerviels.

En regard :

La capitalisation des actions est de l’ordre de 100 000 Mds$

Celle des obligations atteint environ 180 000 Mds$ (dont obligations d’Etat 63 000 Mds$)

C’est la paille et la poutre.

Inutile de dire que si la petite bulle du bitcoin explosait maintenant, elle ne ferait pas de gros dégâts, sauf dans le coeur de quelques libertariens fervents lecteurs d’Ayn Rand.

La mère de toutes les bulles est la bulle obligataire — et plus précisément celle de la dette d’Etat (en principe garantie par les contribuables). C’est l’argent factice qui nourrit…

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