La Catalogne met en évidence la faillite de la solidarité, cette charité faite avec l’argent des autres à des fins électoralistes. Une nouvelle « crise de l’euro » se profile-t-elle ? (Simone Wapler pour La Chronique Agora).

Les Catalans ont voté alors qu’ils n’en avaient pas le droit selon l’Etat espagnol. Ils ont « mal voté » et voudraient se déclarer indépendants dès cette semaine.

2,26 millions de Catalans ont voté

Soit 40% des 5,4 millions d’électeurs

90% sont pour l’indépendance

760 personnes ont été blessées par la police espagnole qui souhaitait saisir les urnes.

Charles Puigdemont, le président, appelle le Parlement européen à soutenir la Catalogne : « les citoyens catalans ont gagné le droit d’avoir un Etat indépendant » et souhaite la proclamer le 6 octobre. Le 6 octobre 1934, Lluys Companys, son prédécesseur, avait déclaré l’indépendance de la région. Il fut exécuté par Franco.

L’appel de Puigdemont au Parlement européen sera-t-il entendu ? Connaissez-vous votre propre député européen ?

Permettez-moi de répondre « non » aux deux questions (ceux qui connaissent vraiment le prénom et le nom de leur député européen et comment le contacter ont le droit de se défouler et de m’envoyer des cyber-tomates pourries).

Le Parlement européen soutient les grands projets, les nobles causes, la paix en Europe, l’amitié des peuples, le bien commun. Tous ces nobles desseins ont besoin de plus en plus de fédéralisme, de transferts d’un pays à l’autre, d’argent des autres. Bref, un gouvernement européen, avec des impôts européens. C’est cela, la direction que souhaite prendre Emmanuel Macron même si les Allemands ne sont pas tout à fait d’accord.

Les Catalans, au contraire, ne veulent plus payer pour « les autres », à commencer par les Espagnols. Dans ces conditions, pourquoi les Catalans voudraient-ils payer pour les Grecs, les Italiens ou même les Français ?

« L’Europe, comme un zombie, soutient l’Espagne », estime Charles Puigdemont.

Catalogne

C’est toute la question de la « solidarité » et des « transferts » que les Catalans posent — la charité faite par les politiciens avec « l’argent des autres », celui des contribuables sur lequel ceux-ci n’ont plus aucune prise.

La solidarité de proximité est plutôt bien admise. Chacun peut voir concrètement les effets autour de soi de la charité collectiviste. Chacun peut ensuite voter pour plus ou moins de taxes. Chacun peut aller trouver son maire ou son député et manifester son désaccord. Les capacités d’endettement des communes ou des départements sont limitées.

Mais lorsque des gouvernements lointains financent par l’impôt et par la dette des banques véreuses et des gabegies, la minorité qui paie finit par se rebiffer.

Oui, c’est une question d’argent et pour vous en convaincre, voici ce qu’en disait le Financial Times pas plus tard que le 18 septembre : l’indépendance serait une catastrophe pour les banques espagnoles.

Catalogne

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La Catalogne, une tragédie de la solidarité