Le grand débat national n’est pas encore ouvert qu’il s’annonce déjà inepte. Comme d’habitude, on parle dépenses mais pas recettes et on oublie la dette. (Simone Wapler pour La Chronique Agora)

Macron a promis un grand débat national qui devrait s’ouvrir le 15 janvier.

Au programme :

  • Mieux accompagner les Français pour se loger, se déplacer, se chauffer
  • Rendre notre fiscalité plus juste, plus efficace, plus compétitive
  • Faire évoluer la pratique de la démocratie
  • Rendre l’Etat et les services publics plus proches des Français et plus efficaces.

Comme d’habitude, la charrue est mise avant les bœufs. On parle de contrôle de nos vies par l’Etat et d’impôts et avant de débattre de ce que acceptons de confier à l’Etat.

Quand je dis contrôle de nos vies par l’Etat, je n’exagère pas. Relisez la première phrase. Logement, déplacement, chauffage, alimentation, air que nous respirons… Sachez qu’il est interdit d’utiliser les cheminées à foyer ouvert comme moyen de chauffage principal, par exemple. Oui, nous laissons entrer l’Etat jusque dans l’intimité de nos foyers.

cheminée - chauffage

Bastiat ! Au secours !

Les réflexions prémisses à ce grand débat rapportées par les medias ne font pas mentir Bastiat :

« L’ETAT, c’est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de TOUT LE MONDE ».

 Dans son célèbre essai L’État, l’économiste du XIXème siècle donnait une liste d’injonctions répondant à la question « L’État ! Qu’est-ce ? où est-il ? que fait-il ? que devrait-il faire ? »

Organisez le travail et les travailleurs.

Extirpez l’égoïsme.

Réprimez l’insolence et la tyrannie du capital.

Faites des expériences sur le fumier et sur les œufs.

Sillonnez le pays de chemins de fer.

Irriguez les plaines.

Boisez les montagnes.

Fondez des fermes-modèles.

Fondez des ateliers harmoniques.

Colonisez l’Algérie.

Allaitez les enfants.

Instruisez la jeunesse.

Secourez la vieillesse.

Envoyez dans les campagnes les habitants des villes.

Pondérez les profits de toutes les industries.

Prêtez de l’argent, et sans intérêt, à ceux qui en désirent.

Affranchissez l’Italie, la Pologne et la Hongrie.

Élevez et perfectionnez le cheval de selle.

Encouragez l’art, formez-nous des musiciens et des danseuses.

Prohibez le commerce et, du même coup, créez une marine marchande.

Découvrez la vérité et jetez dans nos têtes un grain de raison. L’État a pour mission d’éclairer, de développer, d’agrandir, de fortifier, de spiritualiser et de sanctifier l’âme des peuples. »

La liste du XXIème siècle est tout aussi absurde. Les idées fusent notamment sur la fiscalité. Il en ressort qu’il faudrait plus d’impôts que personne ne paie.

Un débat biaisé d’avance qui débouchera sur un grand soir fiscal

Il ne sortira rien de ce grand débat car la question est mal posée et ceux qui y participent ont une opinion biaisée.

Les étatistes de droite pensent que tout va bien dans le fonctionnement actuel de l’Etat moyennant quelques  ajustements à la marge. Il suffirait de lutter contre la fraude sociale, traquer les faux chômeurs, les malades imaginaires et les sans papiers pour que tout baigne dans le beurre et que les finances publiques soient équilibrées.

Les étatistes de gauche pensent que tout va bien dans le fonctionnement actuel de l’Etat moyennant quelques  ajustements à la marge. Il suffirait de lutter contre la fraude fiscale, de faire rendre gorge aux riches, de traquer le travail au noir et d’interdire les paradis fiscaux pour que tout baigne dans l’huile d’argan et que les finances publiques soient équilibrées.

Mais personne ne se demande ce que devrait vraiment faire l’Etat. Tout le monde semble s’accorder pour qu’il contrôle nos vies de la crèche à la tombe. L’Etat ne contrôle que 57% de l’économie française, il faudrait qu’il aille plus loin.

« Comment le peuple ne ferait-il pas révolution sur révolution, s’il est une fois décidé à ne s’arrêter que lorsqu’il aura réalisé cette contradiction : ‘ne rien donner à l’État et en recevoir beaucoup !’ »

Que voulons-nous vraiment donner à l’Etat et qu’attendons-nous en contrepartie sont les deux seules questions importantes qui ne seront jamais débattues. Car de la même façon que les bouchers végétariens ne sont pas légion, les politiciens de carrière qui veulent  voir leur influence limitée ne courent pas les rues.

Pourtant, la réalité est implacable.

La charrue vient derrière les bœufs.

Les recettes viennent avant les dépenses.

Evidemment, il n’est pas interdit de faire l’inverse mais il ne faut pas se plaindre si ça ne marche pas.

Les dépenses avant les recettes et un monstrueux tas de dettes

L’Agence France Trésor  a besoin de collecter 236,6 Mds€ en 2019 pour financer le train de vie de l’Etat. 130,2 Mds€ correspondent à de la dette venue à échéance que nous ne pouvons pas rembourser. Le reste est ce que l’Etat dépense et qui n’est pas financé par l’impôt.

…Lire la suite de l’article de Simone Wapler sur le site de La Chronique Agora.