Les taux d’intérêt pourraient-il repartir brutalement à la hausse ? Oui, si l’on en croit l’Histoire – et les banquiers centraux seront impuissants. (Simone Wapler pour La Chronique Agora)

Nous tenons pour acquis le subtil pilotage des taux d’intérêt des banquiers centraux et le fait que la normalisation qui commence aux Etats-Unis et même en Europe sera une douce transition d’un monde de taux bas vers un monde de taux « normaux ».

Mais comme vous le savez, les grands planificateurs centraux réussissent rarement. Plus exactement, leurs échecs retentissants émaillent l’histoire.

Les taux d’intérêt pourraient-ils échapper au contrôle de Janet Yellen, James Powell, Mario Draghi et autres ?

« Oui ! », répond le blog « Bank Underground ». Ce blog de libre expression tenu par les employés de la Banque d’Angleterre conteste ou soutient les théories ou politiques monétaires du moment.

Un article posté le 6 novembre monte qu’historiquement, les sorties d’une période de taux d’intérêt déprimés sont brutales.

Taux d'intérêt réels depuis 1311 : La brutalité des retournements se retrace depuis la Renaissance

Vous trouverez dans cet article un graphique intéressant sur l’évolution des taux d’intérêt « sans risque » depuis 1311 !

Taux d'intérêt réel des prêts sans risque histoire graphique moyenne sur 7 siècles 1311 700 ans

Pour la petite histoire, les prêts « sans risque » sont ceux consentis aux villes, princes et souverains : cités italiennes aux XIVème et XVème siècles, puis l’Espagne et la Hollande au XVIème et XVIIème siècles, le Royaume-Uni à partir de 1703 puis l’Allemagne et enfin les Etats-Unis.

Les bandes verticales bleu-ciel de ce graphique indiquent les périodes de « dépression des taux d’intérêt réels » similaires à la période que nous traversons.

Deux remarques de ma part et qui ne figurent pas dans l’article :

  • Les taux d’intérêt « sans risque » ne sont pas à risque nul comme en témoignent de nombreuses faillites royales, notamment celles de Philippe II d’Espagne en 1557 et 1575, pour ne citer qu’elles.
  • La fin des accords de Brettton Woods en décembre 1971 marque l’entrée dans un système monétaire de crédit pur ou la monnaie n’a plus de support tangible (or ou argent) et où les taux d’intérêt sont « pilotés ». Visuellement vous pouvez constater la différence avec les siècles précédents.

La conclusion de cette étude (dont je vous recommande chaleureusement la lecture si vous êtes à l’aise avec l’anglais) : les retournements de taux d’intérêt se produisent rapidement et nous pas doucement.

Lire la suite de l’article de Simone Wapler ici