Les banques sont chargées de créances douteuses, la croissance ralentit, les taux sont artificiellement bas et la BCE met fin à ses soutiens. Maelstrom garanti. (Simone Wapler pour La Chronique Agora)

Les marchés actions broient du noir et le rally de fin d’année parait désormais bien plus incertain que l’arrivée du Père Noël par la cheminée.

Il est troublant de voir que les banques n’ont plus du tout la faveur des actionnaires alors que nous sommes censés vivre une reprise économique achetée à coup de milliers de milliards d’euros et de dollars surgis du néant.

Si vous lisez les pages financières de vos journaux, on nous explique que la morosité des marchés serait due à la guerre commerciale, à la Chine, à l’arrestation de la directrice financière de Huawei…

Certes, mais pourquoi les actions bancaires chutent-elles beaucoup plus que le reste du marché ?

En Europe, les banques malades de la peste des créances douteuses

Les actions bancaires ont perdu plus du tiers de leur valeur en Europe, là où le marché ne perdait que 13%. Les actions bancaires (bleu) chutent beaucoup plus lourdement que le reste du marché (rose)

graphe - STOXX Banks - STOXX 600

Deutsche Bank est littéralement massacrée. Pourquoi les banques souffriraient-elles plus que les entreprises non-financières d’un ralentissement de la croissance ? Parce qu’elles sont bourrées de créances douteuses. Quelques chiffres pour fixer les idées :

  • Prêts non performants (c’est-à-dire que les emprunteurs sont déjà en retard dans le paiement des intérêts et du principal en cas de prêts amortis) dans les banques européennes : 900 milliards d’euros
  • Provisions passées par les banques : 450 milliards d’euros
  • Capitalisation des banques selon le MSCI Europe Bank Index : 730 milliards d’euros.

Comme vous le savez, cher lecteur perspicace, les moyennes sont trompeuses. Ces créances douteuses ne sont pas également réparties. L’Italie et la France mènent le bal.

graphe - créances douteuses - banques - Europe

Vous remarquerez que les banques françaises sont numéro deux de la ligue des champions. La capitalisation des banques italiennes n’est que de 60 milliards d’euros, quatre fois moins que les créances douteuses. Comble de malheur, elles sont aussi lourdement lestées d’obligations de l’Etat italien.

graphique - obligations souveraines - banques -Europe

Vous remarquerez à nouveau, cher lecteur avisé, que les banques françaises échappent à cette fatalité : être enchaînées à des Etats aux finances publiques malades. Et pour cause : ce sont plutôt les Français qui ont de la dette française, souvent au travers de leur assurance-vie ou de leur livret. C’est pourquoi un effacement de dettes, un jubilé, emporterait aussi une somme colossale d’épargne.

Mais banque française, banque italienne ou Deutsche Bank, cela ne changera pas grand-chose à l’arrivée. La chute de l’une d’elle signerait la fin de l’euro tel que nous le connaissons… M. le Marché est en train de nous signaler que quelque chose ne va pas avec les banques. Ce qui est bien embêtant pour ceux qui y ont des dépôts importants (trésorerie) et de l’épargne. …Lire la suite de l’article de Simone Wapler sur le site de La Chronique Agora.