Le créditisme nourrit les zombies mais laisse les contribuables exsangues. (Simone Wapler pour La Chronique Agora)

Un lecteur réagissait à ma chronique « Tout le monde se fout de la dette parce que tout le monde vit à crédit » :

« Je vous lis avec grand intérêt, et ayant exercé dans la banque durant 30 ans, je comprends vos analyses. D’autant que banquier de l’ancienne génération, je me référais souvent aux principes de mes anciens, qui achetaient un réfrigérateur quand l’argent, après des mois d’économie, était enfin épargné dans la boite en fer de biscuits Belin.

Toutefois, vous exagérez sur le créditisme (mon correcteur automatique tente de m’imposer le crétinisme !).

En effet, pour rénover et agrandir ma maison, j’ai eu recours à un crédit, lequel effectivement a constitué les dépôts chez les artisans auxquels j’ai fait appel.

Mais le remboursement que je supporte n’est que la contrepartie d’un loyer que j’aurais dû acquitter si aucun financement n’avait été possible. De la même façon, (ce n’est pas mon cas) mais si je rembourse un prêt automobile, cela m’évitera peut-être de dépenser les mois prochains en transport en commun onéreux (en province c’est souvent le cas quand lesdits transports existent).

Vous voyez que nous sommes bien loin des zombies.

Hélas et je vous rejoins pleinement sur cet aspect, les zombies absorbent le crédit.

Aujourd’hui les prêts personnels et immobiliers ne sont plus les produits d’appel des banques de détail, qui préfèrent commercialiser des services (téléphonie, assurance, sécurité…). »

C’est un point important que soulève ce lecteur. Effectivement le crédit n’est pas mauvais en soi.

Dans ces deux exemples, un loyer est économisé et l’automobile est bien souvent un « outil de travail » pour un bipède éloigné de son employeur ou de son entreprise.

Ce n’est pas l’emprunteur qui est en cause. Le prêt est une institution vieille de plus de 3 000 ans. C’est le fait que l’argent prêté n’existe pas qui fait le créditisme.

Les banques ne prêtent pas que les dépôts dont les clients s’imaginent à tort que c’est « leur argent ». Je dis bien les dépôts et pas les comptes épargne rémunérés.

Les banques prêtent dans la limite de un à 20 ou 30 (un étant leurs fonds propres). Elles peuvent même prêter à l’infini aux Etats puisque les titres souverains ne demandent pas d’immobilisation de fonds propres selon la législation en vigueur.

Si les grosses banques ont des difficultés parce qu’elles ont imprudemment prêté, les Etats, c’est-à-dire les contribuables, volent à leur secours. Cela est possible car elles ont des dépôts en otage.

Dans ces conditions, sans sanction par la faillite, nul besoin d’être regardant sur la qualité du prêteur.

Inversement, quand c’est l’Etat qui quémande un prêt, comment le refuser à ce même Etat qui a accordé la licence bancaire ?

 

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