Des promesses peu crédibles du gouvernement italien ont pour le moment calmé les marchés. Mais la probabilité de défaut du pays reste très alarmante. (Simone Wapler pour La Chronique Agora)

Hier, les marchés ont été rassurés. Le gouvernement italien a assuré qu’il allait réduire son déficit à partir de 2020 : 2,4% du Produit intérieur brut (PIB) en 2019, 2,1% en 2020 et 1,8% en 2021, a affirmé Giuseppe Conte. Le stock de dettes devrait se réduire, passant de 130% aujourd’hui à 126,5% en 2021.

Très honnêtement, trouvez-vous que les promesses d’un gouvernement tournant autour de « demain on dépensera moins et demain l’activité économique fera des flammes » sont crédibles ?

Mmmmm… si vous avez répondu « oui », je vous conseille de vous désabonner de cette chronique.  Allez plutôt trouver votre bonheur sur https://www.loptimisme.com, « la plate-forme positive qui met en avant ceux qui ont un impact positif sur le monde ». Vous pourrez méditer de profondes citations telles que :

« L’optimisme est une forme de courage qui donne confiance aux autres et mène au succès » (Baden-Powell).

Ici, à La Chronique, nous pensons au contraire qu’il faut se préparer au pire tout en espérant le meilleur. Il vaut mieux prévoir un sac de randonnée complet ou un canot de sauvetage et ne pas s’en servir que de mettre en danger des secouristes parce qu’on est parti sous-équipé.

Revenons à l’Italie.

Nous savons que :

Mon collègue britannique Nick Hubble évalue les chances de défaut de l’Italie en regardant l’évolution des CDS (credit default swaps), le prix des instruments dérivés qui permettent de s’assurer contre cet événement.

Selon cette mesure,  les chances que l’Italie ne rembourse pas ses dettes souveraines sont de 21% à cinq ans.

graphe - Credit Fault Swaps - Italie

Les dernières déclarations politiques n’ont pas vraiment rassuré puisque le prix de l’assurance n’a pas franchement baissé.

En avril, cette probabilité n’était que de 7,5%.

Nous parlons froidement d’un événement qui serait probablement le plus gros défaut de l’histoire financière.

  • 4 fois plus gros que Lehman Brothers
  • 10 fois plus gros que la Grèce
  • 30 fois plus gros que l’événement déclencheur de la crise asiatique.

Dans des marchés financiers où le prix le plus important – celui du crédit – est trafiqué et où les agences de notation ont jeté l’éponge, les CDS restent probablement l’indicateur le moins faussé.

Est-il pertinent de prendre des précautions contre un événement dont la probabilité à cinq ans est estimée à plus de 20% et qui pourrait déclencher la fin du système monétaire et financier tel que nous le connaissons ?

…Lire la suite de l’article de Simone Wapler sur le site de La Chronique Agora.