Jusque-là, l’échéance de la faillite des finances publiques des pays a été repoussée par le « soutien abusif » de la BCE. Mais les banquiers centraux se méfient. (Simone Wapler pour La Chronique Agora)

Hier, je vous présentais un graphique vous montrant que le service de la dette française absorbait près de 15% du PIB de notre pays. En d’autres termes, pour payer les intérêts et rembourser ce qui vient à échéance des emprunts que nos gouvernements successifs ont contracté, il faudrait ponctionner tous les ans l’équivalent d’une « petite TVA ».

graphe - dette - PIB - Europe déficit

Evidemment, le service de la dette ne doit pas être confondu avec la charge de la dette, qui correspond aux seuls intérêts.

Nous ne remboursons pas la portion de la dette qui chaque année arrive à échéance, nous en serions financièrement incapables. Nous la roulons, c’est-à-dire que nous contractons un autre emprunt pour rembourser celui qui vient à échéance. Nous nous contentons donc de payer les intérêts et, année après année, de grossir la dette puisque tous nos gouvernements empilent les déficits.

Comme vous le voyez aussi, nous figurons en bonne place parmi les pays de l’Europe du Sud, encadrés par la Grèce et le Portugal.

Je ne sais pas ce que vous en pensez, cher contribuable solidaire, mais 15% de super TVA-dette en plus de la TVA, c’est musclé et dur à avaler. C’est pourtant ce que nous devrions acquitter pour réduire la dette.

Dans ces conditions, la promulgation de la  la taxe sur les carburants ne doit pas vous étonner.

Il y a urgence puisque le déficit s’agrandit telle une gueule de crocodile entrevoyant une proie facile.

Le déficit rapporté à la pression fiscale

En réalité, la situation des finances publiques est bien plus désastreuse que ce qu’on vous laisse croire. La présentation du déficit public rapporté au PIB est mensongère et trompeuse. L’Etat ne possède pas (encore) la totalité de l’économie.

Les rentrées financières de l’Etat, ce sont ses recettes fiscales, censées couvrir les dépenses. Exactement comme dans la comptabilité de madame Michu ou recettes = dépenses. Sinon, tôt ou tard, l’huissier frappe à la porte. Mais comme l’Etat se considère au dessus de la comptabilité normale applicable aux Michu, il recourt au déficit, le découvert, les dépenses qui ne sont pas financées par les recettes.

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