Si la remontée des taux se confirme, le poids de la dette dans le bilan des entreprises les rendra vulnérables à tout imprévu. Le BTP est particulièrement exposé. (Simone Wapler pour La Chronique Agora)

Les Echos du mardi 16 janvier :

« Le numéro 2 du BTP britannique en faillite – La chute du groupe Carillion menace 43 000 emplois mais pas la LGV HS2.« 

Ouest France du mardi 16 janvier :

« Si le projet de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes, venait à être abandonné, Vinci sera bien indemnisé, a assuré le PDG du groupe, Xavier Huillard, qui a eu la confirmation de la part du gouvernement.« 

Europe 1 du 16 janvier :

« La Cour des comptes alerte sur le ‘dérapage considérable’ du coût prévisionnel du Grand Paris Express.« 

Les « grands travaux d’utilité publique » ont toujours été un domaine de rapprochement douteux entre la politique et les entreprises.

A l’échelle d’une municipalité, on parle de quelques centaines de milliers d’euros et de ronds-points inutiles.

A l’échelle d’une région, on parle de dizaines de millions d’euros et d’aéroports ou de transports en commun. Pour une capitale, c’est plus. Ainsi, le surcoût du Grand Paris Express est évalué à 13 Mds€, soit 50% de plus que le budget initial… Ce nouveau réseau de lignes automatiques ne sera pas non plus prêt à temps pour le futur désastre financier des Jeux Olympique de 2024.

Enfin, à l’échelle d’un pays on parle de beaucoup plus. Je précise pour ceux qui ne fréquentent pas souvent la Perfide Albion que la LGV HS2 n’est pas un missile ou un virus mais l’équivalent britannique du TGV qui devait rallier Londres et Birmingham puis Manchester ou Sheffield et Leeds.

Les sociétés françaises Eiffage et Vinci sont également impliquées dans ces travaux ferroviaires.

Carillion est le numéro 2 du BTP britannique, une entreprise vieille de deux siècles et pesant 5,2 Mds£ de chiffre d’affaires. Tunnels, constructions d’hôpitaux, de bases militaires, de prisons, mais aussi services de cantine. Carillion est dépendante de commandes publiques mais n’a pas été coulée par une annulation.

Carillion a été plombé par sa dette (1,5 Md£), contractée notamment pour honorer ses engagements de fonds de retraite alors que certains chantiers prenaient du retard.

En France, Eiffage et Vinci sont également très dépendantes de contrats publics. Ces entreprises n’ont pas à supporter les retraites de leurs anciens salariés, ce régime étant chez nous collectivisé. Mais elles restent dépendantes d’annulations ou de retards éventuels des commandes d’Etat sous la pression des finances publiques et d’une remontée des taux d’intérêt ; elles portent – comme Carillion- une lourde dette.

Vous m’objecterez que les parcours boursiers d’Eiffage et de Vinci sont jusque-là glorieux. Depuis 10 ans le cours d’Eiffage a augmenté de 70% et celui de Vinci de 82%.

En bleu sur ce graphique, Eiffage et en rouge Vinci…

 

…Lire la suite de l’article de Simone Wapler sur le site de La Chronique Agora.