L’expression « everything bubble » (« bulle de tout » ou « bulle universelle ») fait son chemin. Mais tout bulle finit tôt ou tard par rencontrer son épingle. (Simone Wapler pour La Chronique Agora)

L’idée de la « bulle de tout » est que tous les actifs se retrouvent simultanément surévalués partout dans le monde : actions, obligations, immobilier.

La cause est bien entendu la multiplication du crédit – des liquidités – par les grandes banques centrales. Les capitaux circulent, par conséquent, des actifs qui avaient autrefois une corrélation inverse se retrouvent à l’unisson. Ainsi les prix des obligations, des actions, de l’immobilier, du foncier, du pétrole augmentent de concert partout dans le monde.

D’autres, comme ceux des valeurs technologiques américaines, sont gonflés avec une pression jamais égalée par le passé. Le prix de certains actifs, comme les matières premières financiarisées faisant l’objet de contrats à terme négociables, sont un peu moins gonflés. Mais tout est surcoté.

En toute logique, l’épingle susceptible de crever cette bulle universelle devrait être la hausse des taux. Celle-ci a commencé aux Etats-Unis. Les taux directeurs de la Fed sont à 2,25% et l’emprunt à 10 ans de l’Etat fédéral américain est à 3,10%.

Ce n’est pas encore beaucoup et ce rendement est sous la moyenne historique de long terme qui se situe autour de 5%. Mais c’est énorme dans un monde surendetté vivant à crédit.

Même avec le filtre à bande passante étroite des grands médias conventionnels – qui ne laisse passer que le très financièrement correct – on peut entendre et lire des choses de plus en plus troublantes.

Aux Etats-Unis, Jerome Powell annonçant hier sa nouvelle hausse de taux :

« Nous avons emprunté un chemin fiscalement non soutenable pendant trop longtemps. Nous ne pouvons plus nous le cacher, nous devons l’affronter et je pense que le plus tôt est le mieux. »

« Fiscalement non soutenable » veut dire : trop de dette fédérale, trop de dépenses fédérales financées à crédit dont le remboursement devient sujet à caution. En revanche, Powell estime que la dette privée n’est pas un danger, les ménages restant solvables :

« Les taux d’intérêt d’un large spectre d’emprunts des ménages montent… mais ils restent assez faibles par rapport à la moyenne historique. »

En Italie se discute le budget de la troisième puissance économique de l’Eurozone. L’Italie est un pays surendetté à titre privé et public, aux banques bourrées de créances douteuses, protégé par le taux bas fixé par la Banque centrale européenne et les opérations monétaires.

Luigi Di Maio, vice-président du conseil des ministres, chef du parti M5S :

« Nous n’allons pas sacrifier les citoyens sur l’autel de la dette. »

Matteo Salvini, vice-président du conseil des ministres, chef de la Ligue du Nord :

« Le budget 2019 doit être courageux, dépensier […] Si l’Italie veut de la croissance, elle doit investir. »

Rocco Casalino, porte-parole du premier ministre Giuseppe Conti, fervent partisan du revenu universel dans une vidéo non-officielle qui a fuité sur internet :

« Si, à la fin, on nous dit ‘ah, nous n’avons pas pu trouver l’argent’, alors nous emploierons toute l’année 2019 à nous débarrasser de tous ces enfoirés du ministère des Finances. »

Ligue M5S Italie bulle universelle
Notons que Le Point retient une version plus léchée :

« S’ils ne trouvent pas les financements pour le revenu de citoyenneté, on virera tous les hauts fonctionnaires du ministère des Finances. Ça sera une nuit des longs couteaux, notre vengeance sera terrible. »

Le « revenu de citoyenneté » coûterait entre 10 et 17 milliards d’euros et est donc incompatible avec le déficit de 1,6% du PIB autorisé par la Commission européenne.

Résumons.

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