Depuis les élections italiennes, les marchés financiers sont restés jusque-là sereins. (Simone Wapler pour La Chronique Agora)

Après tout, le drame du Brexit n’a pas eu lieu.
Plus personne ne parle de la Grèce.
Le drame de la Catalogne n’a pas eu lieu.
Mario Draghi crée encore du crédit à volonté.
Il rachètera toute la dette pourrie de l’Italie.
Pourquoi se cailler la rate ?

Parce que les déficits comptent et qu’au bout du compte, on ne peut pas indéfiniment dépenser de l’argent qu’on n’a pas.

Pour avoir une idée de là où se situe l’Italie, regardez ce chiffrage des mesures prévues par la coalition de la carpe et du lapin et publié par L’Osservatorio.

A gauche ce sont les dépenses et à droite ce sont les recettes ; les chiffres sont relatifs à des milliards d’euros.

Osservatorio

Une chose est de prétendre que les dettes passées seront payées, qu’il suffit de rallonger le temps et de diminuer les taux d’intérêt.

Une autre est de continuer à vivre dans les chimères telles que :

  • Un pays devient riche en levant beaucoup d’impôts et en distribuant de l‘argent.
  • Saint Fisc blanchit l’argent sale gagné avec des activités privées et le transforme en bon argent public.
  • Saint Keynes fait que 1€ d’argent public achète 2€ de croissance.
  • Quand on n’a plus d’argent, il suffit de l’emprunter à 100 ans et à 0%.
  • Quand on n’a plus d’argent, il suffit de le créer.

Un pays devient riche lorsque les gens ne croient pas aux mythes, travaillent et gèrent bien leurs affaires privées et publiques.

Ceux qui votent contre les chimères sont riches

Les Suisses, par exemple, ont récemment voté contre deux semaines de vacances supplémentaires, contre le revenu universel, contre le salaire minimum. Les Suisses votent contre les chimères.

Les Suisses ont l’air de croire qu’on ne peut pas avoir quelque chose contre rien du tout, ou alors « ce n’est pas juste ».

Le populisme, au contraire,  prospère avec le clientélisme qui fait miroiter qu’on peut avoir quelque chose contre rien et qu’un « homme providentiel » peut résoudre tous vos problèmes.

Citez-moi le nom d’un « grand homme politique » suisse ? (Si vous avez répondu Dunant, fondateur de la Croix-Rouge, raté : ce n’était pas un politicien).

Revenons à l’euro, notre monnaie commune et unique jusqu’à présent.

Les Allemands s’agitent. Dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung, 154 économistes anti-mythes mettent en garde contre l’union bancaire, les eurobonds et tous les « machins » prônés par Macron.

Ils réclament la fin du rachat des dettes d’Etat par la Banque centrale européenne.

Fankfurter Allgemeine

La solidarité avec l’argent des autres est une chimère qui déplait aux Allemands.

Ne vous y trompez pas, à terme, l’euro tel que nous le connaissons est condamné. Certes, ce n’est pas parce qu’un pays – que ce soit l’Italie ou un autre – quittera l’Union monétaire que l’euro s’effondrera.

Il s’effondrera parce que l’opposition entre les croyants et les anti-mythes est irréconciliable.

Il s’effondrera parce que personne ne voudra acheter de la dette en euro à l’extérieur de la Zone euro.

Mettez-vous dans la peau d’un étranger : pourquoi acheter de la dette qui ne rapporte rien et dont la monnaie sous-jacente s’écroule ?

Evolution de la parité eurodollar

Evolution de la parite eurodollar

Le dollar avec ses 3% de rendement, le dollar qui permet d’acheter toutes les matières premières du monde, le dollar est meilleur que l’euro pour les étrangers.

La Grèce, l’Italie, l’Espagne, le Portugal, la France continueront à racheter leurs propres dettes, à caresser leurs chimères mais la réalité va reprendre le dessus.

La réalité c’est qu’on échange quelque chose contre autre chose, et qu’à talent égal c’est celui qui travaille le plus qui gagne.

Nous allons arriver au bout de l’argent des autres et la réalité va s’imposer face aux chimères.

Préparez-vous à la fin de l’euro. Il vous faut de l’or et probablement un peu de bitcoin pour sauver les meubles.

Deux monnaies qui n’ont que faire des chimères et des mythes

…Lire la suite de l’article de Simone Wapler sur le site de La Chronique Agora.