Une nouvelle crise financière couve. Parmi les détonateurs possibles, le « financement en dollars », crucial pour la pyramide de dettes et votre épargne financière. (Simone Wapler pour La Chronique Agora)

Fin 2017, la dette pèse 237 000 milliards de dollars, plus de trois fois la taille des biens et services produits chaque année dans le monde. Autant dire que cette dette n’est adossée à rien, si ce n’est une vague promesse de payer.

Ce n’est pas une nouveauté, le créditisme – le fait que les banques prêtent de l’argent qui n’existe pas – a conduit à alourdir l’économie d’un poids de dette jamais atteint en temps de paix. Beaucoup de pays sont surendettés à titre privé ou public et ne créent pas suffisamment de richesses pour que le remboursement de leurs dettes soit envisageable.

Si un gros défaut de paiement se produit, ce sera une cascade de faillites, plus grave encore qu’en 2008.

Sont pointés du doigt : l’Italie et ses banques malades, Deutsche Bank et ses produits dérivés, la Turquie très endettée en dollar, la Chine et son shadow banking, les nouveaux crédits subprime automobile et étudiants aux Etats-Unis, les bulles immobilières australiennes et canadiennes, etc.

Une nouvelle crise financière, cela veut dire panique dans les banques et risque de gel de votre épargne financière abritée en banque ou même chez les assureurs.

Le FMI vient de souligner dans une récente étude (1) un danger rarement évoqué : l’accès aux dollars ou dollar funding. Il n’a certainement pas échappé à votre sagacité que le monde commerçait en dollars.

Les dollars prêtés hors zone dollar le sont par des banques qui n’ont pas de dollars

Récemment, lors du forum économique de Saint-Pétersbourg, la Russie a proposé à l’Eurozone de remplacer le dollar par l’euro lorsqu’elle lui achetait du gaz. L’Europe a décliné, préférant le joug de l’extraterritorialité (qui consiste à appliquer les lois américaines en dehors du territoire des Etats-Unis). L’explication officielle est que l’Union européenne ne veut pas se couper de la « protection » américaine et de l’Otan. Surtout, l’UE ne veut pas se couper du dollar et du dollar funding.

Les banques américaines prêtent très peu de dollars ; la plupart des 7 000 milliards de dollars prêtés en dehors des Etats-Unis le sont par des banques hors européennes, japonaises et non américaines.

« Ces banques ne peuvent pas facilement siphonner les dollars déposés dans leurs filiales américaines pour financer les prêts en dollars faits à l’extérieur. […] Elles doivent se reposer sur des ressources financières beaucoup moins stables pour adosser leurs engagements internationaux en dollars tels que les dépôts interbancaires, les papiers commerciaux et les swaps. Le danger vient de ce que ces sources de financement peuvent s’assécher rapidement en cas de stress sur les marchés financiers. »

« An Imbalance in Global Banks’ Dollar Funding », FMI 2018

Supposons qu’un défaut de paiement se produise et que la méfiance se propage comme une traînée de poudre entre les banques. Tout le monde voudra récupérer ses précieux dollars prêtés à quelqu’un d’autre. Sur le papier, les banques couvrent ce risque par le ratio de liquidité et des produits dérivés (swap de taux, pour les experts).

Ratio de liquidité et utilisation des marchés de swap varient selon les pays

Source : FMI

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