L’optimisation fiscale est vue comme un crime. Pourtant c’est le simple résultat de la persécution. Heureusement qu’en matière fiscale la concurrence existe encore. (Simone Wapler pour La Chronique Agora)

Les « Paradise papers » occupent les unes des grands medias.

Bernard Annault, Xavier Niel, Jean-Jacques Arnaud sont cités…

Leurs crimes ? L’optimisation fiscale. Utiliser au mieux les lois, règlements, se faufiler au travers des petits trous des mailles complexes du monstrueux système fiscal français.

Pour cela, il faut de l’argent, pouvoir se payer de bons conseils, amortir des structures complexes comme des trusts, des fiducies, des holdings.

Mais pourquoi des paradis fiscaux ? Parce qu’il faut bien échapper à l’enfer, à moins d’être un détraqué masochiste. Or, l’enfer existe en la matière et la température de l’enfer français est assez chaude.

Rappelons la substance de la récente affaire de la « taxe sur les dividendes » : le gouvernement de notre pays décide de taxer des entrepreneurs pour pouvoir les rembourser de ce qu’un autre gouvernement leur avait volé.

Rappelons aussi que notre pays n’hésite pas à imposer de l’argent ou des profits virtuels, et que les fonctionnaires (payés par les contribuables) de France Stratégie méditent tranquillement sur les méthodes de spoliation de ces mêmes contribuables propriétaires.

Un lecteur m’écrit :

« Vous parlez d’imaginaire taxable.

Cela fait longtemps que nos ‘amis’ du fisc sont passés de l’autre côté du réel !

Saviez-vous qu’il y a quelques années (une dizaine), la façon de taxer les indépendants a été modifiée de façon honteuse et perverse – selon moi ?


Je m’explique :

Avant, un indépendant déclarait un revenu de 1 000 au fisc.

S’il avait un cabinet comptable agréé, le fisc calculait l’impôt sur 800.

S’il n’avait pas de cabinet comptable, le calcul était fait sur la base 1 000.

Pour moi, cette façon de faire était correcte : le fisc considérait a priori votre déclaration comme correcte et vous comme quelqu’un d’honnête. La somme 1 000 était validée officiellement et le fisc n’avait pas besoin de procéder à une vérification, d’où la remise.

Après modification, le calcul est effectué ainsi :

Vous déclarez 1 000.

Si vous disposez d’un cabinet agréé, le fisc retient sur 1 000.

Sinon, il calculera votre imposition sur 1 000 + 20%.

Autrement dit, dans ce dernier cas, il considère d’office que vous avez menti.

De plus, le calcul est fait en incluant 200 qui n’ont pas d’existence réelle. Ce dernier point est – pour moi – particulièrement dangereux, ouvrant la porte à d’autres abus.

Faire reposer la fiscalité sur du fictif peut vite donner naissance à n’importe quelle loi arbitraire. »

Vous connaissez sans doute la fable de la grenouille ébouillantée. Si on plonge une grenouille dans l’eau froide et qu’on porte très progressivement l’eau à ébullition, la grenouille s’engourdit et finit ébouillantée. Si on l’avait plongé brutalement dans l’eau bouillante elle aurait bondi pour s’échapper…

Les contribuables sont des grenouilles.

Enfin pas tous…

L’exode des millionnaires

Visual Capitalist sur la migration des riches (1) :

« La France arrive en tête de liste pour la seconde année consécutive, les riches esquivant ce qu’il estiment être des conditions adverses. La France connaît des tensions populistes et religieuses croissantes mais elle a aussi un système d’imposition qui n’est pas particulièrement tendre avec les plus riches. L’International Business Times évoque cette question comme ‘l’exode des millionnaires' » (2).

La migration des millionnaires

La migration des millionnaires

 

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Simone Wapler