La monnaie est de nos jours de la dette. Les garants en dernier ressort de cette dette sont les contribuables, qui commencent à être exaspérés. (Simone Wapler pour La Chronique Agora)

Hier encore, la gravité est revenue se rappeler au bon souvenir de la pomme : elle tombe de son arbre qui ne montera pas jusqu’au ciel.

Apple a encore chuté, les FAANG continuent à être vendues sur les marchés actions ; il semble bien que le sommet ait été atteint.

Malgré la chute récente, le prix des actions – notamment américaines – reste toutefois à des niveaux historiquement anormaux si on le rapporte au rendement, c’est-à-dire aux dividendes.

graphe -rendement - actions - S&P 500

Mais – comme je m’use à l’écrire presque quotidiennement – ce qui se passe sur les marchés actions n’est pas sérieux. Le plus important pour vos investissements se passe sur le marché obligataire.

La hausse artificielle des actions a été obtenue par la baisse artificielle du coût du crédit, ce qui a multiplié la monnaie.

Car la monnaie d’aujourd’hui est à 90% de la dette, depuis le solde créditeur de votre compte en banque à votre future pension de retraite en passant par votre assurance-vie. La banque vous doit quelque chose, votre organisme de retraite aussi, votre assureur aussi.

La monnaie suprême – les dettes publiques – est garantie par une banque centrale. Mais les vrais garants, ce sont les contribuables. Les banques centrales ont créé une somme astronomique de dettes en rendant le crédit quasi-gratuit. Seulement, les banques centrales ne peuvent pas créer des contribuables solvables.

Ce qui m’amène aux gilets jaunes et à la révolte fiscale qui couve.

Je vais vous faire une confidence, cher lecteur. J’ai fait deux vœux depuis bien longtemps :

-1- ne jamais écouter des hommes politiques qui prétendent baisser les impôts sans avoir même expliqué comment ils baissent au préalable les dépenses du gouvernement, et donc la taille de l’Etat.

-2- ne jamais prêter attention aux gens qui se plaignent de leurs impôts tout en en réclamant plus pour les autres.

La conséquence du premier vœu est que la vie politique ne m’intéresse pas.

Lorsque les grands médias ont relayé l’égérie de ce mouvement, Jacline Mouraud, j’ai immédiatement catalogué les gilets jaunes en 2.

« La seule chose qui pourrait aujourd’hui apaiser la colère immense qu’il y a dans ce pays, c’est qu’ils rétablissent l’ISF. Il n’y a que ça », expliquait le 6 novembre Jacline Mouraud sur le plateau de C à vous.

Conformément à mon vœu, j’avais donc décidé de me désintéresser de cette affaire.

Il faut se méfier des grands médias, de la représentation qu’ils donnent.

J’étais ces derniers jours en province, dans le centre, là où les gens pour travailler roulent quotidiennement en voiture sur des routes transversales. J’ai vu des barrages où se côtoyaient des gens très variés. Pour une infirmière libérale, un commerçant, un artisan, un salarié d’une petite entreprise, qui travaillent ensemble tous les jours, l’ennemi n’est pas le « patron ».

L’ennemi commun qui pourrit la vie est l’Etat, ses règlements, ses formulaires, ses oukases et bien sûr, ses impôts.

la taxation du carburant n'est pas le seul problème pour les contribuables

Le prélèvement à la source – qui entrera en vigueur en 2019 – devrait encore rajouter de l’huile sur le feu.

Et à propos de feu…

Dans le centre, beaucoup de gens se chauffent au bois en complément de l’électricité ou du fioul (les canalisations de gaz sont assez rares en milieu rural).

Le plus souvent, le combustible choisi n’est pas des pellets, ces granulés qu’on achète à la grande surface du coin en payant la TVA, mais le bois qu’on coupe soi-même en aidant un voisin à abattre un arbre malade, en dégageant un chemin.

Il est maintenant question de rendre obligatoire l’équipement des poêles avec des filtres à particules et catalytiques. Encore un tribut à l’Etat, de la paperasse, des contrôles, des contraintes. Une conversation entre un commerçant et un quidam venu rechercher une tronçonneuse en réparation entendue samedi était édifiante. Après la limitation rabaissée à 80 km/h, le renforcement du contrôle technique, l’augmentation de l’électricité et du gaz, l’exaspération monte.

Où mène l’exaspération fiscale…

…Lire la suite de l’article de Simone Wapler sur le site de La Chronique Agora.