Plutôt que de vouloir le bien des gens malgré eux et vouloir les taxer pour les corriger, un gouvernement idéal devrait leur faire confiance. (Simone Wapler pour La Chronique Agora)

Ce qu’il y a de bien avec l’été, c’est que les journalistes sont en vacances. Du coup, il y a moins d’actualités, que ce soit de vraies informations, des fake news ou des statistiques bidons…

On peut donc lire et réfléchir avec des choses plus intéressantes.

Nous avons évoqué la folie collective par opposition au bon sens individuel avec l’aide de Nietzsche.

Ici à la Chronique, nous croyons à la suprématie du bon sens individuel sur les fumisteries collectivistes. Nous sommes optimistes : nous ne croyons pas que l’Homme soit systématiquement un loup pour l’Homme ou qu’il faille des lois pour le défendre contre lui-même.

Bill Bonner évoque dans sa chronique du jour la fabrication du citoyen modèle par le Deep State (l’équivalent américain de notre Parasitocratie).

Le bipède est toujours jugé rétif par les autorités qui veulent son bien et souhaitent le transformer.

Mais l’Homme est-il naturellement bon ou mauvais, fou ou rationnel ? S’il est rationnel et pas naturellement poussé au vice, pourquoi ne pas lui donner sa chance ?

Je suis tombée par hasard sur une réflexion de Napoléon dans quelques pages du Mémorial de Sainte-Hélène. Napoléon vit en exil dans cette île lointaine. Fidèle parmi les fidèles, Emmanuel de Las Cases a accompagné l’empereur déchu, partagé son isolement et noté les pensées de celui avec lequel il s’entretenait tous les jours.

« La perversité est toujours individuelle, presque jamais collective.

[…]

Un philosophe a prétendu que les hommes naissaient méchants : ce serait une grande affaire et fort oiseuse que d’aller rechercher s’il a dit vrai. Ce qu’il y a de certain, c’est que la masse de la société n’est point méchante ; car si la très grande majorité voulait être criminelle, et méconnaître les lois qu’est-ce qui aurait la force de l’arrêter ou de la contraindre.

[…]

Il n’y a que ceux qui veulent tromper les peuples et gouverner à leur profit qui peuvent vouloir les retenir dans l’ignorance ; car plus ils sont éclairés plus y aura de gens convaincus de la nécessité des lois, du besoin de les défendre, et plus la société sera assise, heureuse, prospère.

[…]

Mon seul code, par sa simplicité, a fait plus de bien en France que la masse de toutes les lois qui m’ont précédé (1). »

Que penserait de nos jours Napoléon des milliers de pages des différents codes et réglementations incompréhensibles censées réglementer, redresser des comportements jugés déviants ?

De quel Droit, se réclament ces législateurs ?

En fait, tout prend un autre éclairage lorsqu’on sait que les comportements jugés déviants ou les inégalités estimées injustes ne sont pas punies autrement que par la taxe et l’impôt. L’Etat s’enrichit, les citoyens coupables ou non s’appauvrissent.

Bill Wirtz s’est intéressé à la taxe sur la « malbouffe » censée améliorer la « santé publique » et qui n’améliore que la trésorerie de l’Etat.

Récemment, Le Figaro se faisait l’écho des travaux de deux fiscalistes qui concluaient que les droits de succession, impôt très impopulaire, n’améliorent pas la mobilité sociale.

« Les choses qui paraissent évidentes ne sont pas toujours vraies et, dans le cas qui nous intéresse, les travaux de l’économiste britannique Gregory Clark présentés dans son livre The Son Also Rises nous donnent quelques raisons d’être sceptiques. En effet, dans ce livre qui a fait sensation lors de sa parution, Clark défend la thèse que partout dans le monde et à toutes les époques la mobilité sociale est très faible et qu’elle ne dépend quasiment pas de la nature des institutions politiques et sociales.

[…]

Clark a même montré que, en Angleterre, les descendants des conquérants normands étaient toujours surreprésentés à Oxford et Cambridge, près de 1 000 ans après la victoire de Guillaume le Conquérant à Hastings ! Le principal mérite de Clark est d’avoir élaboré une théorie qui explique cela de manière convaincante.

[…]

Il a également montré que la mobilité sociale n’était pas plus forte en Suède qu’aux Etats-Unis, en dépit des différences considérables entre les modèles sociaux de ces deux pays.

[…]

…Lire la suite de l’article de Simone Wapler sur le site de La Chronique Agora.