L’inflation serait de retour, ce qui rendrait indéfendable – même par la Parasitocratie –  l’actuelle politique monétaire de la BCE. (Simone Wapler pour La Chronique Agora)

Ca y est, l’inflation serait officiellement de retour si l’on en croit nos journaux. « Officiellement » car officieusement, l’inflation a toujours été là si on la définit comme une hausse des prix de notre vie quotidienne et une perte de pouvoir d’achat.

En effet, les multiples dépenses imposées sont bien déjà une forme d’inflation. Pensez aux « mises aux normes », aux taxes carbone, sur les clés USB et autres disques durs, sur les assurances, etc.

Mais là, il s’agit d’inflation spontanée. Les Echos nous en disent plus :

« On y est. Que ce soit en France, en Allemagne ou même dans la Zone euro dans son ensemble, l’inflation a touché la cible de la Banque centrale européenne (BCE). Le mandat de l’institut de Francfort précise que la hausse des prix dans la Zone euro doit être ‘proche mais inférieure à 2%’. Or, celle-ci a atteint 1,9% en mai.

Des pressions sur les membres du directoire de la BCE pourraient donc bien se faire jour prochainement pour que l’institut d’émission mette fin plus vite que prévu à son programme de rachat d’obligations.

D’autant que, outre-Rhin, l’inflation en mai s’est élevée à 2,2% sur un an, un rythme auquel les Allemands, réfractaires à toute accélération des prix, sont peu habitués. »

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L’inflation est une forme d’impôt qui permet de gonfler les recettes des Etats et qui ronge leur dette qui sera remboursée en monnaie dévalorisée à échéance de leurs emprunts. C’est dire si elle est attendue comme le Graal par les gouvernements surendettés !

Le problème du retour de l’inflation, c’est que la politique monétaire de la BCE devient de moins en moins défendable. Comment continuer à racheter des obligations pour faire baisser les taux d’intérêt alors que la « lutte contre l’inflation » est censée être la priorité d’un banquier central honnête et qu’elle passe par une hausse des taux d’intérêt et du prix du crédit ?

Hou la la…, cela devient de plus en plus difficile d’être un banquier central omniscient par les temps qui courent. D’autant plus qu’il semblerait que la croissance ralentit.

La peur d’un fantôme

Mais l’éditorialiste des Echos, Jean-Marc Vittori, a des idées pour réconcilier toutes ces contradictions.

« La barre hautement symbolique est en passe d’être franchie, ce qui paraissait inimaginable il y a à peine un an ou deux. Le retour de l’inflation est l’une des grandes questions de l’année 2018. Et pourtant, la BCE ne sonne pas le tocsin. Elle a raison. »

Ouf, nous voilà rassurés. La BCE ne peut pas se tromper même si elle ne défend pas notre pouvoir d’achat.

« D’abord parce que les investisseurs sont déjà très nerveux à cause de l’incertitude profonde dans laquelle est plongée l’Italie. Ensuite parce qu’elle doit réagir non pas aux chiffres au mois le mois, mais à la tendance à moyen terme. Enfin, et surtout, parce que ceci n’est pas de l’inflation. »

La BCE, visionnaire, pilote à moyen terme et ne s’arrête pas à des petits incidents de parcours. Les prix augmentent mais ce n’est pas de l’inflation. Nous avons la berlue.

« L’accélération vient en effet uniquement de la flambée des cours du pétrole, au plus haut depuis quatre ans. Celle-ci a vite fait gonfler l’indice, car la chaîne est courte du baril de pétrole au plein d’essence. Elle va aussi continuer de diffuser ses effets dans les prochains mois, en renchérissant les coûts de production dans l’industrie. Mais cette forte poussée d’un prix essentiel ne provoque pas un emballement général des prix et des salaires, marque de tout vrai mouvement d’inflation. Sans les prix de l’énergie et de l’alimentation, les plus volatils, l’inflation reste extrêmement faible, de l’ordre de 1%. »

Hé oui, tiens, si vous retirez tout ce qui monte de l’indice des prix (qui ne prend même pas en compte le logement, vu que la pierre ne se consomme pas) il n’y a pas de hausse. Donc tout va bien.

« Cette modération, sans précédent depuis plus d’un siècle, provoque un intense débat parmi les économistes, qui cherchent à comprendre pourquoi les salaires n’accélèrent pas davantage alors que le chômage a bien reculé. Les uns évoquent un rapport de force dans l’entreprise devenu moins favorable aux salariés. Ceux en CDD ou à temps partiel sont plus nombreux et moins bien placés pour obtenir des augmentations. D’autres experts soutiennent que les emplois créés ces dernières années ont été surtout des postes peu qualifiés et donc peu payés. D’autres encore estiment que la baisse du chômage masque un sous-emploi diffus, avec beaucoup d’actifs qui travaillent moins longtemps qu’ils ne le souhaiteraient. »

Personne ne sait vraiment pourquoi les salaires n’augmentent pas, ce qui serait de la vraie inflation. Mais aucune importance…

« L’inflation finira peut-être, finira sûrement par revenir. Mais ce n’est pour l’instant qu’un fantôme, une crainte, tout au plus une sensation. Le monde a d’autres soucis autrement plus graves. »

Notre éditorialiste – esprit pur qui ne doit ni se chauffer, ni s’alimenter, ni payer d’impôts et taxes – nous assure que nous avons peur des fantômes. Nous devrions nous soucier des graves problèmes dont ce monde est accablé plutôt que de nous regarder le nombril et le portefeuille.

Sur les marchés, on vend la dette des banques trop grosses pour faire faillite

…Lire la suite de l’article de Simone Wapler sur le site de La Chronique Agora.