Janet Yellen a admis que les marchés étaient surévalués et que la Fed ne comprenait rien à l’inflation. Mais le bitcoin ne l’effraie pas. (Simone Wapler pour La Chronique Agora)

Janet Yellen, présidente de la Federal Reserve, présumée maîtresse de la destinée du dollar et de la plus grosse bulle financière de tous les temps, s’est exprimée hier.

A propos du bitcoin, elle a dit « même pas peur d’abord » ou quelque chose comme ça mais en plus alambiqué.

« Je voudrais simplement dire que le bitcoin joue pour le moment un rôle mineur dans le système de paiement. Ce n’est pas une source de valeur refuge stable et il ne constitue pas une devise officielle« .

Figurez-vous qu’il se peut que Janet ait raison. Mon collègue Gérard Dréan, dans sa chronique du jour vous explique pourquoi il est improbable qu’une seule cryptomonnaie ait un jour un usage dominant :

« Tous les systèmes qui connaîtront le succès en tant que système de paiement généraliste toucheront tôt ou tard leurs limites et rencontreront des conflits quant à la bonne façon de les franchir, d’où éclatement et coexistence de variantes. »

Janet Yellen a également avoué qu’elle ne comprenait rien à l’inflation :

« La compréhension du FOMC (Comité fédéral de l’open market) des facteurs d’inflation est imparfaite* »

Mon oeil devient humide de tendresse. Cette brave Janet avoue enfin qu’elle ne sait rien… Il est temps qu’elle prenne sa retraite et qu’un prétentieux personnage la remplace dont je pourrai me moquer facilement.

En réalité, la Fed a tellement triché sur ses indices d’inflation depuis presque quatre décennies que les statistiques ne veulent plus rien dire. Parmi les manipulations : le retrait des indices de prix de l’immobilier pour les remplacer par « un loyer propriétaire équivalent » ; la recherche d’un équilibre entre les forces inflationnistes et déflationnistes, ce qui conduit à surpondérer les dépenses comportant de l’électronique et de la technologie dont les prix baissent face aux dépenses en énergie et alimentation dont les prix augmentent ; enfin en 1999, l’idée de la « substitution » : si les consommateurs ne peuvent plus se payer un steak dans le faux-filet et achètent de la viande hachée, la viande hachée intègre l’indice d’inflation et le faux-filet en sort… Avec tous ces petits arrangements, l’inflation a effectivement peu de chance d’être mesurée de façon réaliste.

En résumé, Janet Yellen n’a pas peur et la Fed ne comprend rien. Nous voilà bien avancés.

Mieux vaut se raccrocher à ce que nous percevons plutôt qu’à ces discours verbeux.

Première certitude : le bilan de la Fed baisse. Il y a moins de crédit inondant les marchés (moins de 80 Mds$ en trois ans). C’est certes, petit mais c’est visible et c’est surtout un renversement de tendance.

Bilan de la Fed en Mds$

Deuxième quasi-certitude : les rendements obligataires commencent à monter aux Etats-Unis. Il semble que le point bas ait déjà été touché comme nous l’écrivions le 8 décembre…

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