Ce qui est le plus amusant avec la TMM – la Théorie monétaire moderne – c’est que ses partisans n’ont pas la moindre idée de l’ATM – l’Ancienne théorie monétaire. (Simone Wapler pour La Chronique Agora)

Rappelons les deux principes de la TMM :

La monnaie n’est qu’une convention sociale.  Ceci renvoie à la modernité selon Platon.

L’impôt crée la demande de monnaie. Ceci renvoie aux cités grecques.

Comme vous le voyez, c’est assez moderne par rapport au Pliocène ou au Pléistocène.

C’est souvent le propre des cuistres, leur ignorance est telle que l’idée la plus foireuse leur paraît géniale.

Pour mémoire, voici l’évolution de la monnaie de Sumer à nos jours.

Au commencement était la dette, le troc étant assez vite limité. Des « autorités » tenaient des registres de dettes pour savoir qui devait quoi à qui dans des communautés humaines.

Utiliser la dette comme monnaie pose un double problème : risque sur l’échange et rayon d’échange. La dette conduit à une économie où quelqu’un échange quelque chose contre une promesse de payer. Il y a donc un risque que celui qui a reçu ne puisse pas payer le jour venu.

Ensuite, le rayon des échanges est limité car il faut que les deux partis reconnaissent l’autorité qui consigne la dette dans le registre et parlent la même langue.

Pour remédier à ces inconvénients, les gens ont recherché des monnaies marchandises. Beaucoup d’essais ont été faits : bétail, céréales, coquillages, jade, ambre, métaux et métaux précieux.

Sans l’aide d’aucun grand planificateur omniscient, banquier central, grand scribe, grand chef, simplement par l’expérimentation, l’or et l’argent-métal ont été adoptés comme monnaies marchandises.

C’est ce qu’on appelle l’ordre spontané : ce qui émerge lorsque les gens tâtonnent, essaient pour finalement adopter la solution qui convient le mieux au plus grand nombre, solution qui finit par s’imposer comme le standard le plus convenable.

Avec l’émergence des monnaies d’or et d’argent, le commerce connut une expansion considérable tout autour du bassin méditerranéen.

Le commerce est indispensable à la prospérité, ce que nous appelons maintenant la croissance économique. Chacun échange ce qu’il fait le mieux contre ce qu’un autre fait de mieux. Ce sont des échanges gagnant-gagnant.

Une avancée technique importante consista ensuite à frapper la monnaie, le sceau de l’autorité certifiant sa pureté et son poids. Ceci permit aux échanges de s’accélérer car le vendeur était délivré du souci de savoir si la pièce métallique qu’on lui donnait en échange était vraiment de l’or ou de l’argent et de la peser. Mais avec ou sans sceau, l’or et l’argent sont la monnaie populaire, issue de l’ordre spontané.

Par la suite, en Chine d’abord, puis en Europe, les marchands essayèrent de ne pas avoir à déplacer de gros stocks métalliques pour faciliter encore les échanges. Les lettres de change puis la monnaie papier furent testées et essayées.

Mais toujours, toujours, le référentiel, le sous-jacent, resta l’or ou l’argent. La faillite du système de John Law en France en 1720 échauda beaucoup de gens concernant les expériences de monnaies papier et les prétendues « réserves d’or ». Mais les essais se poursuivirent.

Tant et si bien que depuis 1971, officiellement, tout lien entre les monnaies et l’or a été coupé. Toutes les monnaies sont dites flottantes. Les banques centrales affichent presque toutes des réserves d’or. Parallèlement, les autorités garantes des monnaies officielles punissent fiscalement la détention et la revente d’or et d’argent à titre privé.

Pourtant, dès que les belles promesses de payer un jour s’empilent trop et que l’horizon s’assombrit, on en revient à parler d’or dans les hautes sphères de la parasitocratie internationale (et de taxation, confiscation, contrôle des changes, inflation ou répression financière pour le bon peuple, interdit d’or mais qui doit payer son tribut en monnaie fiduciaire).

Hélas pour nos grands planificateurs, l’ATM vit toujours. Malgré les coups de boutoir des néo-ultra-keynésiens, étatistes de droite, étatistes de gauche…

Le 17 février, la Banque centrale européenne a indiqué qu’il n’y aurait pas de normalisation de sa politique monétaire et que l’insulte des taux négatifs allait continuer, privant les épargnants de tout rendement.

hausse des taux BCE Les Echos

…Lire la suite de l’article de Simone Wapler sur le site de La Chronique Agora.