Le budget italien est critiqué par la Commission et l’Italie a déjà du mal à trouver des prêteurs. Si les taux montent, la situation va devenir incontrôlable. (Simone Wapler pour La Chronique Agora)

« La Commission retoque le budget italien », titre Le Figaro du jour.

L’article est illustré d’un Pierre Moscovici, commissaire européen aux Affaires économiques, planté telle une vigie soucieuse scrutant le ciel et d’un Matteo Salvini, vice-président du Conseil italien, au regard de taureau hésitant à charger une cible invisible.

Matteo Salvini - Moscovici - critique budget italien

D’humeur peu charitable, et avec une perversité assumée, j’aimerais rappeler que Moscovici, ex-ministre de l’Economie et des Finances de 2012 à 2014, n’est pas franchement l’homme de la vertu budgétaire.

Sous son ministère, entre 2012 et 2014, notre dette nationale est passée de 89,5% du PIB à 94,9% du PIB. Pour réduire le déficit, qui est dans le même temps passé de -5% à -3,9%, Pierre Moscovici a appliqué un électrochoc fiscal qui a laissé des traces dans les mémoires de tous les contribuables.

Mais les beautés de la parasitocratie font qu’après avoir détérioré les finances publiques de votre pays et mis ses contribuables sur les rotules, vous pouvez vous pencher sur les turpitudes budgétaires des autres et être grassement payé (25 950 € brut par mois soit 19 909 € net en franchise d’impôt) pour accomplir cette délicate mission.

Instant de cruauté terminé, revenons à l’Italie et à son budget.

Il va falloir que l’Italie emprunte pour couvrir le déficit, et il va falloir trouver des emprunteurs qui acceptent de prêter au taux le plus faible possible.

Ces derniers temps, cela ne se passe pas trop bien, si l’on en croit Reuters (1).

« Titubant sous un ratio d’endettement de 130% de son économie et avec un des plus gros programme d’émission d’emprunt obligataire du monde, l’Italie doit emprunter à bas coût mais aussi sur des maturités longues ; en général plus la durée de la dette est longue plus le risque d’être confronté à des difficultés de remboursement baisse ».

Vous remarquerez la précaution de Reuters : « en général ». Car quand on est en faillite, en réalité, peu importe la durée de la dette. Elle ne sera pas remboursée.

« Jusqu’à récemment, elle y parvenait – la maturité moyenne de la dette souveraine italienne a atteint 6,96 ans en février, la plus élevée en cinq ans. Mais depuis, elle chute et est maintenant à 6,79 ans, un plus bas de 18 mois selon l’analyse BBVA des données du Trésor Italien.

 La raison tient au fait que l’Italie n’a pas réussi récemment des syndication de dette – des contrats selon lesquels les emprunteurs appointent des banques pour placer directement la dette à des investisseurs internationaux plutôt que de tenir localement une vente aux enchères.

 De tels accords donnent accès à un éventail bien plus large d’investisseurs aux poches profondes et permettent aux emprunteurs de lever de l’argent d’un coup sur des durées plus longue ».

Donc vous l’avez compris : ça ne se bouscule pas pour prendre de la dette italienne (heureusement d’ailleurs car nos banques françaises en sont déjà gorgées).

Et que pensent ces investisseurs aux poches profondes ? Là encore, Reuters (2) nous donne la réponse. Andrew Balls, un cadre chevronné de Pimco, le plus gros fonds obligataire au monde sur lequel s’appuient de nombreux fonds de pension, donne franchement le fonds de sa pensée :

« La possibilité d’un défaut de l’Italie sur se dette est improbable mais ne peut pas être exclu (…)

 l’émission d’une devise parallèle ou la redénomination en lire italienne sont des scénarios plus plausibles ».

Voilà.

Lorsque dès 2009, nous avions écrit que la Grèce ferait faillite personne ne nous croyait.

Aujourd’hui, nous écrivons que l’Italie va faire faillite et que les jours de l’euro sous sa forme actuelle sont comptés.

Quant à la France… Eh bien, la France est en marche pour rejoindre l’Italie et la « périphérie » de la Zone euro comme vous l’explique Nicolas Perrin.

…Lire la suite de l’article de Simone Wapler sur le site de La Chronique Agora.