Aux Etats-Unis, les marchés n’apprécient pas les intentions de Jerome Powell. En Europe, l’Italie continue à profiter des taux bas de Mario Draghi. (Simone Wapler pour La Chronique Agora)

Jerome Powell a été très méchant avec M. le Marché hier. Il a indiqué qu’il continuera à relever ses taux directeurs, rendant l’accès au crédit plus cher.

Du coup, M. le Marché commence à donner des signes de fébrilité, de peur de manque.

Dow Jones -1,6%

S&P 500 -1,27%

Nasdaq -1,23%

Il va être plus coûteux de s’endetter pour acheter des actions déjà très chères en espérant qu’elles deviennent plus chères encore.

En dehors des marchés cependant, ce sont les taux longs qui font la loi, ceux qui permettent aux Etats de s’endetter à bon compte.

Si les investisseurs fuient les actions et ce qu’il est convenu d’appeler le risque, ils doivent normalement aller vers les obligations et vers le refuge que constituent les obligations du Trésor américain.

Et ça tombe bien. Car vu le programme de dépenses de Donald Trump, il va falloir trouver des acheteurs autres que la Fed pour financer le déficit et acheter des bons du Trésor.

Jerome Powell est peut-être cruel avec certains mais pas avec la main qui le nourrit et l’a mis en place : l’administration Trump.

Retour en Europe.

Là aussi, il faut des taux bas pour que les gens continuent à croire que la montagne de dettes vaut quelque chose.

Il va y avoir des élections en Italie dimanche. Le taux de chômage des jeunes est proche de 33% et la croissance économique est inférieure à la moyenne européenne. Aucun des partis en lice ne parle de dépenser moins ou de travailler plus. Comme d’habitude, étatistes de droite et de gauche ne font que promettre toujours plus de cadeaux à leurs électeurs respectifs.

Les Echos du lundi 26 février :

« Pour l’ensemble des partis, le montant total des programmes économiques s’élève à 1 000 milliards d’euros. ‘Ils essaient simplement de nous berner, ils avancent des chiffres qui n’ont aucun sens’, estime l’économiste Roberto Perotti, ancien conseiller du gouvernement en matière de finances publiques. »

Avec ou sans 1 000 milliards d’euros de dépenses stupides en plus, l’Italie est déjà criblée de dettes. L’Etat italien est endetté à hauteur de 133% de son PIB.

Un quart des prêts non performants de la Zone euro sont en Italie. Il y en a pour 280 milliards d’euros et ils représentent plus de 15% des bilans bancaires, selon L’Agefi Hebdo.

Non seulement les banques italiennes sont plombées de créances véreuses mais Mario Draghi (via la Banque d’Italie) aspire les obligations souveraines de l’Italie dont personne ne veut : ni les Italiens, ni les investisseurs étrangers qui s’en débarrassent à tour de bras.

Acheteurs des obligations souveraines italiennes

Vous savez, cher lecteur fidèle et attentif, que nous vous rebattons les oreilles de Target2 : le système qui comptabilise les impayés au niveau européen. Là encore, en première position (talonnée par l’Espagne) on retrouve l’Italie avec plus de 400 milliards d’euros de créances douteuses.

Mais grâce aux manoeuvres du gentil Mario Draghi, les taux longs en Italie ont à peine bougé.

Depuis la mise en place de l’euro, les gouvernements italiens peuvent s’endetter pour rien. Avec le « tout ce qu’il faudra » de Mario Draghi, c’est même moins de 2% !

Rendement des obligations à 10 ans du gouvernement italien

Non è bella, la vita ?

 

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