Pourquoi JO Paris 2024 défaite populaire articleLes JO de Paris 2024 sont une défaite populaire. Les contribuables de toutes les villes ayant accueilli les Jeux Olympiques en ont fait les frais  à l’exception des jeux de Los Angeles et d’Atlanta, entièrement financés par le secteur privé.  Article de Simone Wapler et Florian Darras paru dans Forbes.

Cent ans après les Jeux olympiques de Paris de 1924, la capitale française accueillera de nouveau cet événement emblématique en 2024. Une prétendue victoire historique selon les organisateurs.

La compétition fut pourtant loin d’être acharnée : deux dates possibles, soit 2024 et 2028… pour seulement deux candidats : Paris et Los Angeles. Les cinq autres villes en liste ont préféré s’abstenir de s’engager dans cette gabegie financière sous la pression notamment de leurs habitants, qui eux furent écoutés.

Alors que les organisateurs se réjouissent pour « la France entière » de ce résultat pourtant connu d’avance, les premiers intéressés, c’est-à-dire nous autres contribuables, avons pourtant été bien vite oubliés dans ce processus de candidature qui aurait pu être démocratique… mais ne l’a pas été.

 

Hambourg, Boston, Rome, Budapest déclinent mais Paris s’obstine

Hidalgo JO 2024 tweet simone wapler

Pourquoi les autres candidats à la ruine en liste pour 2024 ont-ils abandonné ?

Hambourg jeta l’éponge le 29 novembre 2015 à la suite d’un référendum.  « Hambourg n’accueillera pas les Jeux Olympiques et Paralympiques. J’aurais préféré une décision différente. Mais c’est clair et il faut accepter la décision », déclarait le maire de la ville. Manifestement déçu, Olaf Scholz se plia à une majorité de 51,7 % de citoyens.

A Boston, Marty Walsh refusa finalement le 27 juillet 2015 « d’engager la responsabilité de Boston pour des dépassements budgétaires » et « de signer une garantie adossée à l’argent des contribuables ».

La maire de Rome, Viriginia Raggi estima qu’il était préférable de retirer en octobre 2016 une candidature qualifiée « d’irresponsable » préférant ne pas « hypothéquer l’avenir de Rome ».

Après une pétition d’environ 200 000 signatures, le maire de Budapest annonçait le 22 février 2017 dernier le retrait de la candidature.

A Paris, point de référendum. En France, le peuple réputé mal-pensant est tenu à l’écart des processus de décision. Le référendum est une pratique passée de mode au pays des droits de l’Homme. Autant se camoufler derrière divers sondages contradictoires et dont on connaît les limites.

Le citoyen n’aurait-il pourtant pas un mot à dire lorsqu’il risque potentiellement de payer les déboires financiers d’un évènement connu pour en susciter ?

Lire l’article dans Forbes. ici

Paris fluctuat nec mergitur ne sombrera pas financièrement ?

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Les organisateurs affirment qu’il n’y aura pas de dépassement de budget. Un objectif pour lequel pratiquement toutes les autres villes ont échoué à atteindre.

6,3 Mds d’€, c’est le budget qui était annoncé en mai dernier. Quatre mois plus tard seulement, la facture avait déjà été rehaussée de 0,5 Mds d’€ soit un total de 6,8 Mds d’€.

Le Comité international olympique (CIO) fait mention de 6,6 Mds d’€ et versera 1,3 Mds d’€ de subventions pour l’occasion. Los Angeles recevra davantage : 2 Mds de $ pour 2028. Soit environ 1,7 Mds d’€.

Enfin, Bruno Julliard, premier adjoint PS à la mairie de Paris se veut très rassurant et parlait d’une « enveloppe budgétaire qui doit absolument être contrainte à 7 Mds d’€ ».

Finalement, entre 6,3 Mds d’€ et 7 Mds d’€, il n’y a qu’un pas… 700 Millions d’€ d’argent des autres (celui des contribuables). Rien que le dossier de candidature auprès du CIO aurait coûté entre 60 et 100 M€.

Les grands médias sont acquis à la cause. Le budget sera respecté et les retombées seront colossales nous dit-on.

Les publicités de ces entreprises qui payent donc ces mêmes medias n’émaillent-elles pas vos lectures ?

Mais d’ailleurs, 6,8 Mds d’€, pourquoi ? Car l’Ile de France disposerait de pratiquement les équipements nécessaires à l’événement. Seulement 5% des infrastructures seraient à construire, 25% des sites seront temporaires et 70% sont déjà existants.

 « Dans le détail, près de 3,6 Mds d’€ seront consacrés à l’organisation à proprement parler. 3 Mds d’€ pour la construction de nouvelles infrastructures, dont 50 % financées par des investissements privés. Un investissement plus que raisonnable si on le compare à ses prédécesseurs : 10 Mds d’€ pour Rio 2016 ou encore 37 Mds d’€ pour Sotchi 2014, faisant de ces Jeux les plus chers de l’histoire de l’olympisme. »

francetvinfo.fr

Hou le vilain mensonge. Francetvinfo compare un coût encore prévisionnel pour celui de Paris à des coûts réels pour Sotchi.

Le décalage systématique entre les coûts prévus et les coûts finaux réels est édifiant :

  • Athènes  – 2004 : 4,6 Mds d’€ de prévus, coût final officiel : 11,2 Mds d’€. Certains audits parlent même de 20 Mds d’€.
  • JO de Pékin – 2008 : dépassement budgétaire de + 1 000% (26 Mds€).
  • JO de Londres – 2012 : le budget était estimé à 2,8 Mds de $. L’addition finale a été multipliée par 5 soit 15 Mds de $.
  • JO d’hiver à Sotchi – 2014) : 12 Mds de $ prévus, 50 Mds de $ (37 Mds€) au final.
  • JO de Rio – 2016 : le dépassement budgétaire fut de 247%.

Cher lecteur, pour votre parfaite information, sachez qu’en 2015, le budget prévisionnel de ces mêmes J.O. parisiens était estimé par le Comité français du sport international à 3 Mds d’€ dont 1,92 Mds d’€ pour le village olympique. Une hausse de 100% en deux ans, avant même le premier coup de pioche. Voilà qui promet…

Des retombées financières systématiquement surestimées

Les promesses de recettes sont mirobolantes : « entre 5,3 et 10,7 Mds€ ».

Un économiste du sport, l’américain Andrew Zimbalist estime qu’en général, les JO d’été génèrent environ 6 Mds de $ de gains, dont la moitié reviendrait au CIO.

Nous pourrions aussi donner l’exemple de la coupe du monde de rugby en 2007 où l’on pariait sur 8 Mds d’€ de retombées financières, là où 600 M d’€ furent en réalité réalisés.

Dans cette affaire, les Parisiens, les contribuables, les touristes « normaux » sont perdants. Concernant ce dernier point, Paris est la première destination touristique au monde et Notre-Dame le monument le plus visité. Ces visiteurs n’ont pas attendu les Jeux.

Les élus, les technocrates, les contractants des marchés publics, eux, sont gagnants.

Tout ceci n’est pas une histoire d’amour pour le sport mais de gros sous. Cette couleuvre, même bien assaisonnée par la communication, est un peu grosse à avaler. Il s’agit de circuits de taxations-subventions aux détriments des contribuables.

 

Simone Wapler & Florian Darras

 

Lire l’article dans Forbes :

Pourquoi Les JO De Paris 2024 Sont Une Défaite Populaire