Les banquiers centraux et les gouvernements ne seront pas démunis lors de la prochaine crise. Nous allons passer d’accords gagnant-perdant à perdant-perdant. (Simone Wapler pour La Chronique Agora)

Hier soir, j’assistais à la présentation d’entreprises non-cotées souhaitant lever des fonds auprès d’investisseurs.

Aucune ne correspondait réellement à mes critères de sélection : entreprises opérant sur des marchés concurrentiels et ne bénéficiant pas d’aides publiques, ayant déjà des clients et des marges.

Au stade auquel je souhaite investir, l’objectif n’est pas de financer du rêve mais de financer de la vraie croissance dans des échanges potentiellement gagnant-gagnant et non pas gagnant-perdant, échanges contraints dans lesquels l’Etat fausse le marché.

A cette présentation assistaient de jeunes entrepreneurs en herbe venus voir comment se déroule un « pitch » et des business angels. L’un d’eux m’ayant reconnue a engagé la conversation :

« J’ai arrêté d’investir sur les marchés financiers, depuis 2009. Avec Mario Draghi qui met entre 80 Mds€ et 30 Mds€ sur la table tous les mois, il faut être naïf pour croire qu’on va tirer son épingle du jeu.

Là, en levée de fonds, je peux mettre un peu d’argent et parfois même aider. Il faut être plus patient, c’est tout. De toutes les façons, vu ce que font les banques centrales, le risque du capital investissement n’est aujourd’hui finalement pas beaucoup plus élevé que celui des marchés financiers. Et le rendement potentiel l’est bien plus…

Quelle sera la valorisation des valeurs cotées à la prochaine crise ? Que va-t-il se passer ? »

Si nous n’avons aucune idée de quand se produira la prochaine crise, nous avons ici, à La Chronique, quelques idées sur comment les autorités monétaires et politiques pourraient réagir.

La ligne générale est « par plus d’interventionnisme » plutôt que de laisser mourir les zombies.

Ensuite, il y a trois voies possibles, mais l’une est déjà condamnée.

La première voie est le jubilé, que j’ai déjà évoqué ici et ici. Dans ce scénario, les taux et les rendements montent car les banques centrales arrêtent de créer du crédit (donc des dettes) supplémentaire. Les zombies commencent à agoniser et le peuple écrasé de dettes et d’impôts demande au gouvernement de « faire quelque chose ».

Le grand jubilé perdant-perdant

Un génial tribun promet l’annulation des dettes, le jubilé. « Nous allons tout effacer. Vous repartirez vers un avenir radieux sans être esclaves de la dette ».

Gardez présent à l’esprit lorsque vous entendrez ce médiatique personnage que vous ne devez pas penser « j’ai 1 000 € sur mon compte bancaire »… mais « ma banque me doit 1 000 € ». En cas de jubilé, la banque ne vous doit plus rien.

Tous ceux qui sont créditeurs du système financier au travers de leurs comptes bancaires, de leur assurance-vie, de leur épargne, sont perdants.

Evidemment, tous ceux qui sont débiteurs du système (entreprises zombies sous perfusion, ménages vivant de dépenses de redistribution, retraités) sont perdants aussi. Mais notre génial tribun s’est bien gardé de l’expliquer. On ne parvient pas au pouvoir en promettant de la sueur, du sang et des larmes… On parvient au pouvoir en faisant miroiter des accords gagnant-perdant comme l’explique Bill Bonner.

Cet accord stupide est cependant admis parce que notre habile tribun a vendu un accord gagnant-perdant a priori sympathique : « les ultra-riches qui s’en sont mis plein les poches et qui nous étranglent pour être plus riches encore paieront la dette ».

La seconde voie est celle de l’hyperinflation.

…Lire la suite de l’article de Simone Wapler sur le site de La Chronique Agora.