Le bitcoin et la famille des cryptomonnaies ont lourdement chuté, 50% par rapport au sommet de décembre 2017. C’est presque un krach. (Simone Wapler pour La Chronique Agora)

Comme vous le savez, j’ai de la sympathie pour le bitcoin et les autres monnaies virtuelles privées. Le bitcoin est une saine réaction de défense contre les monstrueux agissements des banques centrales. Une réaction de la base contre la Parasitocratie, d’où mon affection.

Les banques centrales ont fait surgir des milliers de milliards de leurs devises.

Elles plument sans vergogne les créditeurs du système (ceux qui gagnent de l’argent sur des marchés ouverts à la concurrence, ceux qui mettent de l’argent de côté en vue d’un projet personnel) pour renflouer les débiteurs (les gouvernements dispendieux, les banques gorgées de créances douteuses, les multinationales endettées…).

Les devises des banquiers centraux n’ont aucune valeur intrinsèque.

Le bitcoin et les crypto-devises non plus.

Mais les grosses devises sont adossées à des milliards de contribuables et une armée de collecteurs d’impôts zélés. Et le dollar (ou même le yuan) est adossé à des porte-avions, des missiles, des sous-marins…

Sur ce plan, avantage au dollar, au yuan, à l’euro… Pauvre petit bitcoin, où sont tes agents du fisc, tes lance-roquette ? Le bitcoin, lui, n’est adossé qu’à la confiance dans la technologie blockchain qui interdit les multiplications à l’infini.

Certains pensaient qu’un krach du bitcoin pourrait dégénérer en krach des marchés actions. Pour le moment, il n’en est rien.

Certes, quelques fonds spéculatifs et family offices lèchent leurs plaies avec 358 Mds$ partis en fumée depuis un mois. Mais pour le moment, pas de quoi faire essaimer une crise financière mondiale.

L’avenir nous dira si le bitcoin et ses pairs s’avèreront « antifragiles ». Pour le financier philosophe et auteur Nassim Nicholas Taleb, est antifragile ce qui se bonifie avec les épreuves. A l’inverse, ce qui est protégé et couvé par l’interventionnisme naïf est condamné.

Si Taleb a raison, les monnaies fiduciaires telles que nous les connaissons sont condamnées et le bitcoin – qui va subir les assauts de la Parasitocratie – pourrait devenir antifragile, conquérir ses lettres de noblesse, devenir un martyr victorieux face aux monnaies officielles manipulées.

Le cancer des devises officielles

La monnaie d’aujourd’hui est à 90% ou 95% de la dette. Si vous pensez « j’ai 1 000 € sur mon compte en banque », vous faites fausse route. Vous devez penser « la banque me doit 1 000 € ». Elle vous les donnera si elle le peut.

Aujourd’hui, le système financier est adossé à 233 000 Mds$ de dettes. La poursuite de leur existence tient à des taux d’intérêt maintenus artificiellement bas.

Pour garantir cette dette, il faut des contribuables dont le nombre ne s’est pas miraculeusement multiplié, contrairement à la monnaie. Si vous êtes un fin observateur de l’actualité financière, il ne vous a certainement pas échappé que les banquiers centraux pouvaient multiplier la monnaie (le crédit) mais pas les bipèdes contribuables.

C’est le problème.

Si les intérêts sur la dette augmentent, les contribuables-garants se révolteront.

Ils se rassembleront.

Ils appelleront leur gouvernement à « faire quelque chose ».

Imaginez le succès d’un politicien leur disant :

Je vais effacer vos dettes
Je vais vous permettre un nouveau départ
Je vais résoudre la question des inégalités
Nous allons organiser un jubilé !

Un jubilé et la remise à zéro des compteurs de dette

Le jubilé, c’est dans l’air du temps – en témoigne l’augmentation des requêtes sur Google.

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