Macron est allé voir Merkel pour tenter de réconcilier l’irréconciliable. Les Allemands ne veulent pas devenir keynésiens. (Simone Wapler pour La Chronique Agora)

Dans le vaste monde, la hausse du dollar – rendu plus rare par la Fed – recommence à causer des difficultés aux pays émergents ou hors zone dollar qui sont endettés en dollars. Du coup les marchés financiers sont dans le rouge.

L’économie réelle soutient une dette qui pèse trois fois le PIB mondial, et ses genoux vacillent dès que le poids des intérêts augmente. Mais selon de nombreux observateurs, il n’y a jamais de krach en juin et juillet donc nous pouvons dormir tranquille.

Ce qui nous permet de nous pencher sur les bêtises européennes et sur ce que trament Angela Merkel et Emmanuel Macron.

Je n’ai pas fait Sciences Po et je n’ai pas de diplôme de biologie, mais il me semble vain de vouloir enchaîner par une solidarité dans la dette cigales et fourmis.

Des fourmis peuvent accepter d’être solidaires entre elles et de secourir des fourmis malchanceuses. Des cigales peuvent accepter de partager dans la gaieté leur pauvreté et les miettes que leur laissent des fourmis. Mais on ne peut pas forcer des fourmis à être caution solidaire pour des montants indéterminés de cigales déterminées à rester des cigales.

J’écris « déterminées » car l’idée d’adopter la règle d’or budgétaire réclamée par l’Allemagne est rejetée par les cigales indisposées par cette austérité. La règle d’or stipule que les budgets doivent être votés équilibrés et les impôts couvrir les dépenses publiques. Ce n’est pas le souci des intermittentes du spectacle.

L’euro impose de force cette solidarité. Target2, carte de crédit géante, permet aux cigales de s’approvisionner à crédit auprès des fourmis. Le solde positif de l’Allemagne se monte aujourd’hui à 900 milliards d’euros. Le passif est essentiellement dû par l’Italie et l’Espagne. L’écart se creuse d’année en année.

Emmanuel Macron – comme de nombreuses cigales keynésiennes – soutiennent que ces 900 milliards d’euros ne sont pas un problème. Les fourmis n’ont qu’à dépenser plus. Plus d’huile d’olive, plus de voyages dans le sud de l’Europe, plus de pizzas, plus de prosecco, plus de bon temps. Les fourmis teutonnes ne l’entendent pas de cette oreille. Elles sont âgées, elles entendent épargner pour financer leurs retraites.

Au temps de la lire, l’Italie n’aurait pas pu creuser un trou de 500 milliards d’euros. Elle aurait dû vendre plus d’huile d’olive et de prosecco, attirer plus de touristes, soit en travaillant plus, soit en laissant filer la lire. En général, les cigales préfèrent la dévaluation à l’effort.

Voici une carte des pays exportateurs. Les chiffres donnent le montant total des exportations en milliards de dollars.

Les plus gros exportateurs en 2017 en milliards de dollars - graphique

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Cette carte permet de constater que l’Italie ou la France exportent. Vous me direz qu’il manque une dimension humaine à cette infographie. Car ce sont des gens qui travaillent, pas des pays ; les chiffres devraient aussi être rapportés au nombre d’habitants pour donner une idée de productivité. Mais en l’état, cette carte a le mérite de montrer que le problème n’est pas la consommation des fourmis. Le problème est la productivité et la gestion des cigales.

Les Allemands ont déjà fait preuve d’une solidarité extraordinaire

En bonnes fourmis, les Allemands ont un système de retraite par capitalisation et chacun met de côté pour les jours où la bise et les rhumatismes viendront ; les cigales préfèrent les systèmes de retraite par répartition selon lesquels les jeunes en activité paient pour les anciens.

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