La croissance quasi-nulle de l’Italie rend la crise budgétaire presque certaine. Mais les marchés semblent penser que la BCE continuera à écraser les taux. (Simone Wapler pour La Chronique Agora)

Les mouvements « populistes » gagnent la faveur des électeurs en Europe alors que la récession n’a même pas encore frappé à notre porte. Imaginez ce que cela va devenir quand la croissance va mourir. Car elle se meurt.

Voici la dernière estimation en date de l’évolution du PIB de l’Eurozone selon Goldman Sachs. : moins de 0,5% au quatrième trimestre, qui sera celui du grand coup de frein.

graphe - Goldman Sachs - PIB - Eurozone

Nous avons vu que l’économie italienne freinait déjà considérablement. En Allemagne, les exportations commencent à ralentir, victimes des frictions avec les droits de douane imposés par Trump.

Sans attendre la récession, les partis populistes marquent déjà des points.

Ces mouvements qui ne sont pas affiliés aux grands partis traditionnels sont souvent animés par des gens qui n’ont encore eu aucun mandat électoral. Ils n’ont pas encore goûté la soupe.

Une fois au pouvoir, cela dit, leurs solutions sont les mêmes que celles des grands partis qu’ils prétendent défier, interventionnismes de gauche, du centre ou de droite. La seule différence notable est finalement « sans l’euro, ce serait mieux » ou sa variante : « sans l’austérité, ce serait mieux ».

L’Italie surendettée a pris ce chemin politique qu’avait tenté d’emprunter la Grèce de Tsipras : politique de relance malgré l’Allemagne, et en défiant les traités tout en prétendant rester au sein de l’Eurozone.

Pourquoi s’en priverait-elle ? L’Italie emprunte à un taux qu’elle n’avait jamais connu de son Histoire hors euro.

A la fin du mois d’octobre, les investisseurs demandaient un peu plus de rendement pour lui prêter mais rien de bien méchant. A 3,36%, c’est encore donné !

graphe - italie - emprunt - taux d'intérêt

Visiblement, le marché se fie peu aux agences de notation, qui se sont contentées de dire que le paysage économique italien s’assombrissait mais rien de plus. Si la notation de l’Italie est restée intouchée par les agences, le marché, lui, a déjà dégradé le pays en lui demandant plus d’intérêts pour compenser son risque.

graphe - eurozone - notation - emprunts

En pratique, le marché anticipe les déficits futurs. En effet, il demande à l’Italie un intérêt qui correspond à un endettement sur PIB de 160% alors que le pays n’est pour le moment endetté qu’à un peu plus de 130%.

graphique - rendement PIB - notation - Europe

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