Cette semaine, entre analyse du marché obligataire et du marché actions, Bill Bonner a commencé à développer une savoureuse « Théorie du Méchant ». (Simone Wapler pour La Chronique Agora)

« Nous nous demandons, en ce moment, comment l’on devient un « méchant » dans le paysage géopolitique mondial. L’Iran, par exemple, n’a pas envahi de pays depuis que la dynastie achéménide s’en est donné à coeur joie, au IVème siècle av. J.C. Depuis, cependant, l’Iran a été envahi par à peu près quiconque s’en sentait capable — les Mongols, les Russes, les Anglais et, en 1989, les Irakiens, appuyé par les Américains. Durant les années 1950, le pays a également vécu un coup d’Etat organisé par les USA. Son président démocratiquement élu a été remplacé par une marionnette de la CIA. Alors qui est le méchant ? »

Lorsqu’un Empire arrive au sommet de sa puissance, il prétend punir les méchants.

« Depuis leur fondation, les Etats-Unis ont envahi 70 pays. L’Iran, zéro. Les Etats-Unis ont des armes de destruction massive et ont prouvé qu’ils étaient prêts à les utiliser ; ils ont largué une bombe atomique par deux fois — sur des civils à chaque fois. L’Iran n’a pas l’arme atomique. Les Etats-Unis ont des troupes en Afghanistan et en Irak, d’où ils pourraient facilement frapper l’Iran… et ont à présent des exigences qu’aucune nation souveraine qui se respecte n’accepterait. L’Iran n’a pas de troupes au Mexique ou au Canada… et n’a pas d’exigences. Alors qui est le ‘méchant’ ? »

En Europe, l’Allemagne est méchante, elle veut de moins en moins être solidaire de ce qu’elle ne contrôle pas : les dette de la Zone euro.

« Les Allemands s’agitent. Dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung, 154 économistes anti-mythes mettent en garde contre l’union bancaire, les eurobonds et tous les ‘machins’ prônés par Macron. Ils réclament la fin du rachat des dettes d’Etat par la Banque centrale européenne ».

Ce qui fait réagir un lecteur :

« L’Euro, monnaie unique, est un symbole fort d’Union économique auquel les peuples sont officiellement ‘très attachés’, et surtout, un atout commercial extraordinaire pour le pays dominant, champion de l’export, l’Allemagne. Cela ne veut pas dire qu’il ne succombera pas aux tensions et aux contradictions, mais qu’il sera maintenu ‘coûte que coûte’, même en cas de retour aux monnaies nationales – monnaie commune ».

Probablement, oui, à terme, il y aura l’euro et d’autres monnaies au sein de la Zone euro. Les créditeurs seront saignés et les débiteurs seront délivrés dans ce processus.

Autrefois, c’était plutôt l’inverse qui se produisait. On saignait les débiteurs mauvais payeurs.

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