Pourquoi la France va faire faillite.

Évolution des taux d’emprunt à 10 ans de la France

La comptabilité publique n’est pas différente de la comptabilité privée et l’argent gratuit n’existe pas.

Lorsque vous dépensez systématiquement plus que vos revenus, lorsque vos dépenses de votre train de vie dépassent vos rentrées d’argent et que vous ne voulez pas réduire votre train de vie vous terminez en faillite personnelle.

Cela fait quarante-trois ans que notre Etat dépense plus que ce qu’il collecte en impôt.

Le dernier budget équilibré date de 1974. Les dépenses non couvertes par l’impôt, le déficit, sont financées par la dette. La dette grossit depuis 1974.

Nous sommes sauvés de la faillite uniquement par les faible taux d’intérêt et le fait que les Etats ont le privilège de rembourser le capital in fine, en fin de crédit. Si vous avez 100 € de crédit à 5% sur 10 ans, vous payez 5 € par an. Si vous avez 400 € de crédit à 1% sur 10 ans, vous payez 4 € par an. Plus les taux baissent, plus vous pouvez vous endetter pour dépenser plutôt que de vous embêter à réduire votre train de vie. L’État ne rembourse jamais sa dette, il la roule : il contracte un autre prêt pour rembourser le précédent et comme les taux d’intérêt baissent tout va bien.

Évolution de la dette rapportée au PIB

Lorsque les taux remonteront, le coût des intérêts – dit encore le service de la dette, qui atteint 2 147 Mds€ – explosera.

Notre pays ne pourra plus camoufler son insolvabilité, contracter un nouveau prêt plus cher pour rembourser l’ancien.

Il faudra dépenser moins et prélever plus d’impôts. Or la France est déjà un des pays du monde où la pression fiscale est la plus élevée. Le second au monde, plus précisément, derrière le Danemark et avant la Belgique.

Beaucoup moins de dépenses (redistribution, allocations, subventions) et beaucoup plus d’impôts. Inutile de vous faire un dessin, la situation sera politiquement intenable.

La France est sauvée de la faillite uniquement en raison de la politique monétaire de la Banque centrale européenne.

Mais celle-ci ne saurait être éternelle. Des taux zéro ou négatifs sont un crime organisé contre l’épargne. La majeure partie des pays développés ont des systèmes de retraite qui reposent principalement sur l’épargne et la capitalisation, minoritairement sur la répartition.

Si les taux restent à zéro, il faudra que les assureurs et fonds de pension expliquent à leurs futurs retraités qu’ils doivent provisionner des sommes astronomiques puisqu’ils n’auront aucun rendement sur les sommes épargnées.

http://la-chronique-agora.com/sujet/faillite

Jamais, il n’y a eu d’argent gratuit

 

Ce que l’État donne, il l’a déjà pris à quelqu’un ou il faudra que quelqu’un  le paye un jour.

Jamais on n’obtient « quelque chose en l’échange de rien ». On obtient toujours « quelque chose en l’échange d’autre chose ».

  • Du travail contre un salaire…
  • Du capital contre de l’épargne…
  • De la viande contre un paiement…
  • Un crédit contre des intérêts (en plus du remboursement)

L’État n’échappe pas à cette règle, il ne « fabrique »  pas la richesse. Il la prélève par les impôts.

« L’État n’est pas manchot et ne peut l’être. Il a deux mains, l’une pour recevoir l’autre pour donner, autrement dit la main rude et la main douce. (…) Ce qui ne s’est jamais vu, ce qui ne se verra jamais et ne se peut même concevoir, c’est que l’État rende au public plus qu’il ne lui a pris »

Frédéric Bastiat

Le rôle de l’État est de favoriser les conditions de la création de richesse en garantissant les droits élémentaires de chacun : droit de propriété, sécurité des biens et des personnes, liberté de jouir de ce qui a été légitimement acquis.

Police, justice, armée sont les traditionnelles missions régalienne d’un Etat. Personne ne s’attend à ce qu’un Etat les assume de façon lucrative, en gagnant de l’argent, au contraire. C’est ce qui légitime les impôts.

Mais tout  ce qui est prélevé par l’Etat est soustrait du secteur privé concurrentiel. Quant il y a une récession ou une crise, ce même secteur privé ne crée plus de richesse, par conséquent la richesse stagne ou diminue. Toutefois la casse est limitée, les entreprises fragiles font faillite puis le cycle se retourne.

La richesse est créée par le secteur privé et lui seul.

La France ne crée plus assez de richesse pour rembourser ses dettes car le secteur privé est devenu minoritaire face au secteur publique qui absorbe directement ou indirectement plus de 56% du PIB.

La création de richesse a besoin de concurrence

Dans un marché concurrentiel, des  individus contractent librement car chacun pense que l’échange lui est avantageux. L’avenir confirme ensuite si l’échange était bien gagnant-gagnant.

Par exemple un menuisier achète un véhicule d’occasion à un garagiste de plus grande capacité que ce qu’il avait. Ce véhicule utilitaire s’avère économique et fiable et fait baisser les coûts fixes et variables de notre menuisier. Le garagiste et le menuisier ont gagné à l’échange. La richesse globale augmente.

Parfois, certains échanges s’avèrent finalement gagnant-perdant. Le garagiste était un escroc. La camionnette tombe en panne et notre menuisier a raté des chantiers.  La richesse globale ne s’est pas accrue.

Lorsque l’État intervient, il organise nécessairement des échanges gagnant-perdant. Le gagnant est celui qui reçoit une allocation, une subvention. Le perdant est celui qui a donné sous la contrainte. Une carte d’abonnement de la SNCF est vendue sous son coût réel, l’acheteur est peut-être gagnant mais les contribuables qui financent à perte cette ligne sont perdants. La richesse globale ne s’est pas accrue. D’autant plus que pour organiser ces échanges gagnant-perdant, l’Etat prélève sur les échanges potentiellement gagnant-gagnant.

Dans notre pays, l’État contrôle directement ou indirectement 56,2% de l’économie. Ce qui veut dire que le secteur privé, le seul qui ait la capacité d’augmenter la richesse collective, est devenu minoritaire et menacé d’asphyxie. Imaginez un curseur qui se déplace sur un axe. A droite, une économie contrôlée à 100% par l’État. C’est le communisme : l’ex URSS, l’ex RDA, la Corée du Nord. A gauche, une  économie avec 0% d’État. C’est l’anar-capitalisme. Ne cherchez pas, il n’y a pas d’exemple. Le curseur de la France est – nous l’avons vu – à 56%.

http://la-chronique-agora.com/sujet/faillite/

L’OCDE – qui n’est pas précisément une organisation libérale – a publié en novembre 2016 une étude indiquant que passé 46% du PIB la dépense publique devenait non seulement stérile mais nuisible à la croissance.

Pour que la croissance revienne, il faudrait libérer à nouveau le secteur privé. En d’autres termes, il faudrait que l’Etat diminue son emprise sur l’économie de 10%, donc qu’il diminue de 20% ses dépenses !

Comme vous le voyez, il y a fort à faire pour rendre audible un message véritablement libéral. C’est une révolution mentale qu’il nous faut réaliser.

 

Simone Wapler

 

http://la-chronique-agora.com/sujet/faillite/