La crise bancaire qui se dessine à l’horizon est d’une ampleur inédite à ce jour. Si elle se déroule comme je le prévois, même la crise de 2008 semblera « moins grave » en comparaison.

Faisons un bref état des lieux de la Zone Euro.

Zone Euro : En langage courant, on appelle ça un désastre.

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Les faits que je suis sur le point de vous révéler sont peut-être passés inaperçus dans votre vie quotidienne.

Il est vrai que le 20 Heures et autres médias grand public se préoccupent plus de la couleur de la jupe de Mme Macron ou des dernières déclarations fracassantes de Nicolas Hulot : plus simple à expliquer… et ça fait de l’audience, n’est-ce pas ?

Mais en attendant, les informations vraiment importantes… celles qui pourraient signifier la confiscation pure et simple de votre épargne… ces informations-là, elles, ne vous sont pas relayées.

Saviez-vous par exemple que :

Les banques portugaises supportent un taux de défaut égal ou supérieur à 20%… même après le renflouement du groupe Banco Espirito Santo (août 2014) et de Caixa General de Depositos.

En Espagne, la banque Santander a racheté Banco Popular (BPOP) pour un euro symbolique et a tiré un trait sur la dette junior et les créances douteuses. Le titre ne valait plus que 0,30 €. Les actionnaires ont tout perdu.

Certains économistes se réjouissent du premier bail in orchestré en Espagne… qui devrait « servir d’exemple pour résoudre la crise des banques italiennes » !

Parce qu’en Italie, la situation est désastreuse :

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  • Le 26 juin 2017, la décision a été prise de liquider deux banques italiennes zombies : Banca Veneto et la Banca Popolare di Vicenza après l’échec des tentatives d’adossement ou de reprise.

 

  • Banca Intesa est parvenue de justesse à céder un portefeuille de créances douteuses pour une valeur de 2,2 Mds€.

 

  • La BMPS (Banca Monte Paschi di Siena) bénéficie d’un feu vert de Bruxelles pour une nouvelle recapitalisation massive de 6,6 Mds€… mais il faut encore mettre 2,2 Mds€ au pot.

 

  • L’ABE (l’Autorité bancaire européenne) l’a annoncé début juin 2017 : les banques italiennes ont un taux de créances douteuses de 16,5% de leur encours.

 

  • Au total, l’Italie a besoin de 17 milliards d’euros pour sauver ses banques !

 

Espagne, Italie, Portugal… Les premiers dominos sont en train de tomber.

Et derrière eux, un géant aux pieds d’argile est en train de vaciller.

C’est une première historique depuis les débuts de l’Union européenne.

Angela Merkel a des ennuis.

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Cette fois-ci, c’est la « Grande Allemagne »… la locomotive de la Zone euro… le plus ardent partisan de la monnaie unique… qui se trouve sur la sellette.

Et selon mes renseignements, cela fait des mois, voire des années qu’elle se prépare à l’inévitable.

  • Depuis le début 2013, l’Allemagne rapatrie son or. Cela faisait des décennies qu’il était stocké dans des banques centrales étrangères (notamment aux Etats-Unis et en France), par mesure de protection pendant la Guerre froide. Mais d’ici 2020, la majeure partie de l’or allemand devrait être de retour dans son pays d’origine.

 

  • En août 2016, l’Allemagne a publié un nouveau plan de défense civile. Elle y invite ses citoyens à stocker eau et nourriture pour se protéger en cas « de la concrétisation d’une menace ». Quelle menace ? Le plan reste vague sur ce sujet… mais recommande aussi à ses citoyens de conserver chez eux une somme suffisante en espèces. Du jamais vu depuis la fin de la Guerre froide.

 

  • En septembre 2016, trois économistes allemands de renom appelaient à la création d’un « euro-or ». L’un d’entre eux n’est autre que l’ancien économiste en chef de la Banque centrale allemande, Thomas Mayer. Il souhaite la création d’un euro basé sur l’or afin de protéger les citoyens « contre l’exposition à des taux d’intérêt négatifs et aux risques d’inflation imminente ».

 

  • En octobre 2016, l’un des « pères fondateurs » de l’euro — un Allemand — a admis que la monnaie unique était condamnée. Selon le Pr. Otmar Issing, le tout premier économiste en chef de la Banque centrale européenne, les accords soutenant l’euro ont désormais perdu toute signification… et les conséquences seront catastrophiques.

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Est-ce que vous voyez vers quoi tout cela pointe ?

L’Allemagne se prépare à quitter la Zone Euro.

Elle sait que la monnaie unique ne fonctionne pas. En tout cas pas sous sa forme actuelle. A présent, certains événements commencent à s’enchaîner outre-Rhin — et pourraient précipiter la catastrophe.

Fin juin 2017, la Bremer Landesbank a organisé son propre bail-in en annulant purement et simplement les intérêts sur certaines de ses dettes. La HSH Nordbank, propriété de l’Etat, pourrait elle aussi avoir bientôt besoin d’un sauvetage.

Et ce n’est que la pointe de l’iceberg…

Des engagements représentant 15 fois le PIB de l’Allemagne… pour un cours divisé par 10 depuis 2007.

Derrière ces signes avant-coureurs, c’est une banque allemande, une seule, qui pourrait faire basculer le destin de la ZoneEuro.

Inutile de faire durer le suspense — vous avez bien entendu deviné : il s’agit de Deutsche Bank.

Je ne vais pas revenir en long, en large et en travers sur la situation de Deutsche Bank : l’histoire s’étale en première page de tous les journaux, entre ses amendes record aux Etats-Unis, ses pertes colossales, le licenciement de 4 000 employés cette année, son cours divisé par 10 depuis 2007, etc.

Pour dire les choses plus simplement… Deutsche Bank aujourd’hui, c’est comme Lehman Brothers en 2008 :

Un détonateur.

Rappelez-vous : en 2008, l’exposition de Lehman Brothers aux produits dérivés de l’immobilier — les fameux subprime — est devenue trop énorme. Cette institution — vieille de plus de 158 ans et quatrième plus grande banque d’investissement aux Etats-Unis — a coulé.

Il n’en fallait pas plus pour que le secteur bancaire, écrasé sous une pression énorme… surexposé à des produits dangereux… grouillant de montages douteux… s’effondre à son tour, quasiment du jour au lendemain.

Il a entraîné avec lui les banques du monde entier, causé 10 000 milliards de dollars de pertes sur les marchés boursiers et précipité une crise économique et financière dont les répercussions durent encore aujourd’hui.

Avec Deutsche Bank, nous sommes aujourd’hui exactement dans la même configuration, en pire. L’exposition de Lehman Brothers aux produits dérivés était de 146 milliards de dollars.

Celle de Deutsche Bank aujourd’hui est de… 56 000 milliards de dollars.

 

Simone Wapler

 

 

Pour en savoir plus, visitez notre rubrique Fin de la Zone Euro sur La Chronique Agora

 

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