La Parasitocratie de Davos s’inquiète des effets d’une hausse des taux d’intérêts et encense les banquiers centraux les plus laxistes. (Simone Wapler pour La Chronique Agora)

Cette année, Davos est dangereux. Trop de neige, danger d’avalanche. Que voulez-vous, le changement climatique…

Les fidèles fréquentant « le temple de l’élite mondialisée de la station de ski suisse » selon le HuffPost (1) mettent leur vie en péril pour sauver le monde de ses grands problèmes.

Davos sous la neige

Le président Macron affronte ces dangers pour « promouvoir une gouvernance mondiale afin de limiter la hausse des inégalités et le réchauffement climatique, le tout sur fond de montée des nationalismes » toujours selon le HuffPost qui qualifie également Davos de « haut lieu du libéralisme ».

Hé mais attendez : quel rapport entre le libéralisme, la gouvernance mondiale, la « lutte contre les inégalités » et le réchauffement climatique ?

Aucun. Oubliez tout ça : Davos est la Mecque de la Parasitocratie. Et la Parasitocratie est au libéralisme ce que les pirates sont au commerce maritime.

« 82% de la richesse créée l’an dernier dans le monde avait terminé entre les mains de 1% de la population de la planète » (2). Cela nous fait, en gros, 70 millions de gens.

La Parasitocratie n’a pas besoin de voler pour accaparer la richesse. C’est elle qui forge « la légalité ». Elle sait donc très bien détourner légalement ce qui lui est nécessaire ou contourner les lois qu’elle a elle-même fabriquées. Elle organise les échanges gagnant-perdant.

Pour obtenir ses privilèges et ses rentes, le Parasitocrate a deux armes :

  • Invoquer l’intérêt général
  • Compliquer

L’intérêt général, ou intérêt public, ou encore intérêt commun est en réalité une notion vague, floue.

Wikipedia l’avoue : « l’intérêt général désigne la finalité d’actions ou d’institutions censées intéresser une population considérée dans son ensemble ».

Censées ou supposées, l’interprétation est grande… Ce qui ne peut pas se définir existe-t-il vraiment ?

En réalité, le seul intérêt général est que « personne ne vole personne » selon le principe Guillaumat.

Pour cela, il faut une concurrence loyale et que les accords ne se concluent pas sous la contrainte.

Les 3 000 « décideurs » invités à Davos – représentant 0,04 pour mille de ces heureux gagnants – doivent préparer le terrain pour que l’inverse se produise, pour fausser la concurrence, pour promouvoir tel ou tel intérêt de groupe.

La « gouvernance mondiale », par exemple, permet de supprimer la mise en concurrence de différents systèmes politiques et la « taxation mondiale » d’éliminer toute concurrence fiscale.

Mais ici à La Chronique, nous nous concentrons sur les questions d’argent. Que dit-on à ce sujet à Davos ?

Selon le HuffPost, Macron fait partie du camp du Bien : « depuis son élection, l’ancien banquier défend la mondialisation mais fustige régulièrement ‘les excès du capitalisme financier' ».

Le capitalisme financier est une notion assez vague qui attribue l’hypertrophie du système financier actuel au libéralisme.

En réalité, le capitalisme financier est le produit de la monnaie frelatée qui a cours depuis la fin des accords de Bretton Woods, depuis que la monnaie n’est que du crédit (et donc de la dette) créée à volonté par les banquiers centraux et les banques commerciales.

Un os dans le potage de la Parasitocratie

Toutefois, une menace commence à se profiler. Qui dit crédit dit intérêts. Créer de la monnaie et du crédit c’est facile. Créer des contribuables solvables pour porter le fardeau de la dette l’est moins.

Et après le déluge des banquiers centraux, certains s’inquiètent :

« Nous avons très peu de marge de manoeuvre sur les marchés de capitaux pour affronter un vrai mouvement des taux d’intérêts »
Jes Staley, CEO de Barclays (3)

En clair : si les taux d’intérêt montent, c’est la catastrophe.

Il faut donc s’organiser pour qu’ils ne montent pas : toujours plus de fausse monnaie, plus de crédit bidon, plus de soutien aux entreprises zombies et aux mauvais investissements.

Dans ce contexte, Mario Draghi, est vu comme un bon élève.

Pour Rubenstein, le président du plus grand fonds de private equity du monde, l’Europe « est un endroit très attractif […] Les Européens devrait prendre une assurance homme-clé le [Mario Draghi] concernant parce que quand il partira, un véritable géant partira parce qu’il a fait un boulot incroyable ».

Nassim Nicholas Taleb ne sera probablement jamais invité à Davos. Son dernier livre « Jouer sa peau – Asymétries cachées dans la vie quotidienne » est l’antidote de tout ce qui est exposé dans ce faux temple du libéralisme.

…Lire la suite de l’article de Simone Wapler sur le site de La Chronique Agora.