La hausse du pétrole, si elle dure, peut ranimer l’inflation. Dans ce contexte, les cryptomonnaies se montreront-elles supérieures à l’or ou l’argent-métal ? (Par Simone Wapler dans La Chronique Agora.)

Hier, j’étais face aux cours de bourse.

Il est rare que je scrute les cours en temps réels. Mais dans Crise, Or et Opportunités, mon collègue Graham Summers avait bien anticipé la hausse du pétrole. Nous avons soldé quatre positions gagnantes dans ce secteur le 2 novembre ; il nous en reste quelques autres que nous surveillons étroitement.

« Puisque ces mystères nous dépassent, feignons d’en être les organisateurs »…

Cette phrase est issue d’une pièce de Cocteau mais elle me revient souvent lorsque je lis les commentaires des analystes financiers pour expliquer après coup une hausse ou une baisse.

Pourquoi le pétrole monte-t-il ? Aramco et l’Arabie Saoudite ? Techniquement, la hausse sournoise du pétrole a commencé cet été, après les ouragans qui ont balayé les Etats-Unis. C’est un constat objectif et je n’ai aucune information sur le jus de crâne motivant les achats des traders. Cet été, les cours des actions de certains fournisseurs de services pétroliers américains entamaient également une trajectoire favorable. Depuis son creux de juillet, le pétrole a progressé de 32%.

Evolution 6mois cours du pétrole l'ETF United Sates Oil 2017

Si cette tendance se poursuit, la hausse du pétrole pourrait devenir un évènement financier important. Qui dit hausse des prix de l’énergie dit inflation en devenir. Rien ne se fait dans notre monde sans énergie. Qui dit inflation dit sale temps à prévoir sur les marchés financiers. Les banquiers centraux seront au pied du mur.

Soit ils défendent l’illusion du pouvoir d’achat de la monnaie et ils sont contraints de relever fortement leurs taux. Ceci peut déclencher une cascade de défauts sur le marché obligataire privé et contaminer les marchés actions. Le secteur privé est surendetté et beaucoup d’entreprises zombies ne doivent leur survie qu’à des taux bas et à des refinancements complaisants.

Soit les banquiers centraux ne font rien ou pas grand-chose et les taux restent en retard sur l’inflation. Auquel cas, les Américains auront plus de mal à exporter leurs dettes et leurs déficits puisque le dollar perdra son pouvoir d’achat. C’est un peu la même crise que celle des années de choc pétrolier qui se profilerait. Cette crise qui avait vu l’or s’envoler…

Hier, l’or (et l’argent) a réagi à la hausse. L’or est subitement passé de 1 271 $ à plus de 1 282 $ l’once et l’argent de 16,5 $ à 17,2 $ l’once. Lorsque l’or progressait de 1%, l’argent de 4%. Comme au bon vieux temps… L’argent réagit toujours plus violemment que l’or lorsque le spectre de l’inflation s’agite.

Article de Simone Wapler paru dans La chronique Agora