La « guerre commerciale » ne fera que des perdants. Elle risque de ranimer l’inflation et de pousser les taux longs à la hausse. (Simone Wapler pour La Chronique Agora)

Il faut déjà avoir peur du changement climatique, du terrorisme, de l’immigration, de l’intelligence artificielle. Devons-nous rajouter sur cette longue liste la « guerre commerciale » ?

Il semble que oui. Cette fois, c’est sérieux.

Un voyage en Afrique me permet de renouer avec une évidence aussi vieille que les octrois et les impôts : le protectionnisme ne paie jamais. Loin de favoriser la production nationale comme le disent ses suppôts, il développe la corruption et la contrebande.

Si le protectionnisme fonctionnait, le Congo serait un pays florissant. Les droits de douanes et les taxes à l’importation sont toujours en définitive payés par nous, les citoyens ordinaires.

Mais voyons cette guerre du côté des pays développés.

Sur le front des Etats-Unis, l’administration Trump a dégainé l’artillerie lourde :

  • Septembre 2017 : droits antidumping de 220% sur les avions de transport civil CSeries fabriqués par le canadien Bombardier.
  • Octobre 2017 : droits antidumping provisoires compris entre 97% et 162% sur les importations d’aluminium en provenance de Chine
  • Novembre 2017 : droits de douanes de 20% sur le bois de construction canadien.
  • Janvier 2018 : débuts de protection du marché de l’énergie solaire. L’International Trade Commission (ITC) a déclaré que les importations de panneaux solaires à bas prix, notamment en provenance de Chine, avaient fait du tort à l’industrie. Droit de douane 30%.
  • Janvier 2018 : droits de douanes sur les lave-linge (!) jusqu’à 50%
  • Mars 2018 : instauration de droits de douanes de 25% sur l’acier et 10% pour l’aluminium.
  • Mars 2018 : 1 300 produits chinois seront surtaxés à 25%

Fin 2017, le déficit commercial des Etats-Unis vis à vis de la Chine a atteint 375 milliards de dollars et ne cesse de se creuser

Balance commerciale Etats-Unis Chine (12 derniers mois) en milliards de dollars

Tant pis pour le consommateur américain qui paiera plus cher ses maisons, ses lave-vaisselles, ses voitures, ses multiples objets vendus par Wal-Mart ou Amazon.

D’après une étude de Natixis, une taxation des importations de 20% aux Etats-Unis entraînerait (compte tenu du poids des importations) une hausse de trois points des prix intérieurs des Etats-Unis, propulsant l’inflation au-dessus de 4%.

…Lire la suite de l’article de Simone Wapler sur le site de La Chronique Agora.