Lorsque les taux montent, la valeur des actifs chute car moins d’acheteur à crédit se présentent. Mais qui s’en souvient encore ? (Simone Wapler pour La Chronique Agora)

Qui, aujourd’hui, a une expérience longue de hausse des taux ?

Personne.

Les taux baissent depuis 36 années aux Etats-Unis et 34 années en France.

Plus les taux baissent, plus le crédit peut augmenter, plus l’immobilier monte, plus le refinancement est facile si on s’est trompé.

Plus les taux baissent, plus la dette peut augmenter sans douleur. Que vous soyez endetté de 100 000 € à 5% ou de 500 000 € à 1%, le résultat est le même… tant qu’on ne parle pas de rembourser le principal, évidemment.

Mais la donne change. Les taux montent.

Le New York Times avait publié en 2008 un graphique très précieux concernant la crise du crédit subprime.

Il permet de constater que :

  • La Fed ayant augmenté son taux directeur de 1% à 4% entre 2004 et 2006, les premiers craquement sur le marché immobilier américain étaient visibles fin 2005, le prix des maisons chutant.
  • Dès fin 2006, les défauts sur les prêts hypothécaires se multipliaient. La Fed a alors renoncé à toute hausse des taux et faisait même machine arrière fin 2007.
  • Ce qui n’a pas empêché la crise financière d’éclater.

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Où en sommes nous aujourd’hui ?

La Fed a fait sa première hausse de taux fin 2016 et nous sommes passés de 0,25% à 1,75%. C’est bien sûr un niveau plus faible qu’il y a dix ans. Mais entre temps, le niveau d’endettement privé des Américains a augmenté.

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Taux directeur de la Fed

Il existe une bulle du crédit automobile, une bulle du crédit étudiant, une bulle du crédit à la consommation.

Le niveau de vie des Américains n’a pas progressé et le pétrole coûte plus cher. Des revenus qui stagnent, des remboursements qui augmentent, les temps sont durs…

Le taux de défaut commence à monter si l’on en croit le rapport trimestriel de la FDIC, la Federal Deposit Insurance Corporation, qui garantit les dépôts bancaires à hauteur de 250 000 $.

Actifs des banques enregistrés comme « à risque » en nombre et valeur

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Comme vous le montre ce graphique, la quantité d’actifs douteux est supérieure à 2008, même si pour le moment leur valeur est encore inférieure.

Les taux d’intérêt sur les crédits hypothécaires atteignent désormais 4,86%. Les taux de défauts sont revenus au même niveau qu’en 2006. Les taux de défaut sur carte de crédit augmentent.

Combien de temps vont tenir les « esclaves de la dette » ?

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