Par Simone Wapler

Malgré tous les beaux discours sur la « reprise » et l’accélération de la croissance américaine, les salaires stagnent depuis 2000 et ne payent plus le travail.

En réalité, c’est pire : pour les 20% des salariés au bas de l’échelle, ils stagnent depuis les années 1970.

Des trajectoires de salaires divergentes Simone Wapler

Le Produit intérieur brut (PIB) a certes augmenté depuis 2000, mais la part du PIB destiné aux salaires s’est effondrée. Cette tendance prolonge une tendance à la baisse qui dure depuis 47 ans.

Parts du revenu intérieur brut comprenant Simone Wapler

J’ai expliqué que « notre société se divise à cause des inégalités toxiques de notre économie. » Deuxième partie de l’explication : la stagnation des salaires.

Pourquoi la stagnation des bas salaires nous condamne-t-elle ? Parce que notre système nécessite une hausse constante des revenus des ménages pour fonctionner – pas seulement pour les 5% les plus riches, mais pour les 80% les plus riches.

Les programmes sociaux aux Etats-Unis – Sécurité sociale, Medicare et Medicaid – sont des programmes avec un financement par répartition : toutes les dépenses d’une année sont payées par les impôts collectés cette année. Comme je l’ai déjà expliqué, ce qu’on appelle les Trust Funds sont des fictions ; lorsque la Sécurité sociale est en déficit, la différence entre les recettes et les dépenses est comblée par l’émission de bons du Trésor sur les marchés – exactement le même mécanisme que le gouvernement utilise pour financer tout autre déficit.

Les données démographiques aux Etats-Unis ont changé au cours des deux dernières générations. La génération des baby-boomers prend sa retraite en masse, augmentant le nombre de bénéficiaires de ces programmes, tandis que le nombre de travailleurs à temps plein par rapport au nombre de retraités est en baisse : à 10-pour-1 auparavant, il n’est plus que de 2-pour-1 aujourd’hui. On compte 60 millions de bénéficiaires de la Sécurité sociale et de Medicare pour environ 120 millions de travailleurs à temps plein aux Etats-Unis.

Pendant ce temps, les dépenses médicales par personne grimpent en flèche. Des cartels de la santé plus mercantiles que jamais, des traitements nouveaux et toujours plus chers, l’augmentation des maladies chroniques liées au mode de vie – il y a beaucoup de causes à cette tendance. Rien ne permet d’étayer le fantasme que cette tendance s’inversera par magie.

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