Après une décennie de création monétaire sans précédent historique, des grands esprits s’étonnent de distorsions statistiques. (Simone Wapler pour La Chronique Agora)

Dans Les Echos du jour, l’éditorialiste Jean-Marc Vittori remet en cause les grandes statistiques économiques, ce que les technocrates nomment les agrégats.

« Tous les grands indicateurs mesurent de moins en moins bien l’économie. Car cette économie se transforme et se morcelle, échappant ainsi à la loi des grands nombres.
[…]
Les gouvernants la pilotaient depuis des décennies avec des instruments de mesure éprouvés. Mais ces instruments donnent des mesures de plus en plus étranges. Et pourtant il faut bien décider. »

Tout l’esprit dirigiste, la logique du haut vers le bas, s’étale dans cet éditorial.

Selon cette logique, quelques experts omniscients et gouvernants bien intentionnés prétendent pouvoir « piloter » l’économie, se substituer à ceux qui, au quotidien, la font.

La concurrence, le marché, la monnaie et les prix ont été inventés pour que chacun puisse vaquer à ses occupations au mieux de ses intérêts. Les prix, librement formés, sont la seule information utile à chacun pour décider de ce qu’il fait.

Les tricheries sur les taux d’intérêt, les quantités de monnaie ou de crédit distordent ces informations et empêchent les gens de prendre les bonnes décisions à leur niveau.

Le taux d’intérêt, par exemple, donnait une idée du rapport de force entre prêteurs (épargne disponible) et emprunteurs (entrepreneurs prêts à se lancer dans des projets).

Si les taux montent, beaucoup d’entrepreneurs chassent en même temps l’épargne et le cycle économique est favorable. Inversement si les taux baissent, le moment est à l’épargne et à la réduction de la voilure. Le taux d’intérêt démocratiquement fixé informait chacun sur la vitalité de l’économie.

Mais les dirigistes ont créé un système financier capable de prêter de l’argent qui n’existe pas encore. Un banquier central détermine le prix de l’argent créé par les banques commerciales qui ont acheté une licence.

L’information fiable sur la véritable vitalité économique a donc disparu.

L'illusion introduite par la création monétaire a atteint des niveaux inédits

Cette création monétaire a distordu bien d’autres prix que celui du crédit. Jean-Marc Vittori se lamente :

« L’inflation ? Il y a belle lurette que les économistes regardent non seulement la hausse des prix à la consommation, mais aussi la hausse ‘sous-jacente’ (sans l’alimentaire et l’énergie, très volatiles). La révolution numérique pose toutefois des défis nouveaux. L’amélioration des produits est de plus en plus difficile à mesurer, malgré les techniques sophistiquées employées par les statisticiens (prix ‘hédoniques’). Les prix sont de plus en plus variables (exemples du taxi ou du train).

Et quand le produit se transforme en service, puis en solution, puis en expérience, il devient très difficile de comparer les prix des prestations fournies et plus encore de mesurer leur évolution dans le temps. Nombre d’économistes réputés, comme Martin Feldstein ou Philippe Aghion, estiment que l’inflation est largement surestimée par les indicateurs classiques. Pour les banquiers centraux, missionnés pour préserver la valeur de la monnaie, c’est un casse-tête majeur. »

 

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