Le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans vient de franchir le seuil symbolique et psychologique des 3%. Ceci peut bouleverser votre épargne. (Simone Wapler pour La Chronique Agora)

Depuis leur sommet de janvier, les actions ont chuté un peu partout dans le monde :

  • Les actions chinoises ont perdu 14% si l’on se réfère au Shanghai Composite Index
  • Les actions américaines ont chuté de 8% si l’on se réfère au S&P 500
  • Les actions européennes ont baissé de 5% en se basant sur l’Eurostoxx 50

En théorie, cela veut dire que les investisseurs anticipent moins de bénéfices dans le futur.

Mais les mouvements des actions ne sont pas vraiment sérieux. Ce qui conditionne l’évolution de votre épargne financière et même immobilière ce sont les taux – et précisément les taux longs.

Le bon du Trésor américain à 10 ans vient de dépasser hier le seuil fatidique de 3%.

Si les taux longs remontent :

  • L’immobilier baisse car moins d’acheteurs se présentent pour un même bien
  • Il est moins facile d’acheter des actions à crédit en tablant sur des dividendes supérieurs aux taux d’intérêt
  • Les entreprises zombies apparaissent clairement : ce sont celles qui sont endettées et dont les taux d’intérêt sont supérieurs aux bénéfices
  • Les refinancements (rembourser un prêt en empruntant à nouveau) deviennent très douloureux
  • Les investissements (les emplois de demain, comme disent les Allemands) sont plus coûteux
  • Le poids de la dette des gouvernements grossit et fait exploser les budgets
  • Il faudra plus d’impôts ou moins d’allocations, ou les deux, et cela pèsera sur la consommation

C’est la fin des business models reposant sur de la consommation à crédit financée par des allocations.

Pour éviter toutes ces contrariétés et tout ajustement douloureux mais naturel, nos grands planificateurs omniscients ont fait en sorte que les taux longs baissent depuis 1981.

Après 37 ans de baisse des taux, d’argent facile et de monde merveilleux, l’enfer est-il possible ?

Le 10 ans américain est la référence sur les marchés. Cela fait 37 ans qu’il baisse. La plupart des investisseurs, des entrepreneurs, des gouvernements n’ont jamais eu à affronter une hausse des taux durable.

En 1971, le dollar a été coupé de l’or. La monnaie est devenue du crédit. Les pays exportateurs de pétrole ont alors défié le dollar et l’inflation s’est emballé sous l’effet des chocs pétroliers. Les taux longs sont montés à plus de 15% en 1981.

La confiance est revenue. Tout est rentré dans l’ordre monétaire nouveau. Les dettes mondiales gonflaient tandis que les taux d’intérêt baissaient.

Evolution du 10 ans américain depuis 1971

Les prix de l’immobilier, des actions, des obligations se sont envolés. Les déficits publics se creusaient mais tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Parfois, face à une remontée des taux de courte durée, les impôts s’abattaient pour tenter de réduire les déficits. Les impôts, mais jamais les dépenses publiques.

Nous vivions dans un monde merveilleux. Un monde qui dure depuis 37 ans. Qui se souvient encore de l’ancien monde, celui où la faillite était une sélection naturelle et où les taux d’intérêt étaient le reflet de l’épargne disponible ?

…Lire la suite de l’article de Simone Wapler sur le site de La Chronique Agora.