Les politiques monétaires des banquiers centraux ont brisé un vieux couple : le risque et le rendement. S’il se recolle, votre épargne en profitera. (Simone Wapler pour La Chronique Agora)

D’habitude, plus vous accordez un prêt risqué, plus vous demandez cher pour vous récompenser de votre risque.

Mais depuis l’avènement du créditisme et du crédit infini et presque gratuit, cette honnête relation a disparu.

Rappelons le cas de Netflix, médaille d’or du zombie privé.

Netflix, notée junk bond ou obligation pourrie, a emprunté fin avril 1,9 milliard de dollars via une émission obligataire. Les titres, qui arriveront à échéance en novembre 2028, rapportent 5,875%. Par comparaison, un bon du Trésor américain arrivant lui aussi à échéance en 2028 rapporte 3%.

La dette à long terme de Netflix atteint après cette opération 8,4 milliards de dollars ; en perte, Netflix va brûler plus de trois milliards de dollars en 2018.

Pensez-vous que Netflix soit un risque bien payé ?

Le gros risque n’existe plus grâce aux banquiers centraux

Dès qu’un risque important se matérialise, un banquier central intervient, baisse les taux ou rachète ce qui devrait faire faillite. Pour couper à la banqueroute, il suffit d’être gros, proche du pouvoir ou d’être une banque détenant en otage des dépôts, l’argent que de naïfs clients des banques pensent être à eux.

Evidemment quand on est plus petit, c’est plus difficile d’avoir accès au crédit infini et quasi-gratuit et aux canots de sauvetage des banquiers centraux. 10 chômeurs ne feront jamais de gros titres nationaux dans les médias et cela ne fera pas plus d’une cinquantaine d’électeurs mécontents.

Ce système favorise les gros zombies.

« Mais on ne peut pas laisser mourir comme cela des grandes entreprises. Pensez aux milliers de chômeurs, c’est cruel », m’objecte l’étatiste de service.

Si, on devrait pouvoir laisser mourir les zombies. C’est d’ailleurs pour cela que les « filets sociaux » ont été décidés en premier lieu. Pour aider les individus qu’une concurrence saine ou que les erreurs d’un entrepreneur mettaient temporairement sur la touche. Mais si on cumule à la fois les filets sociaux et les aides pour sauver les entreprises non rentables, on subventionne l’inefficacité.

Un circuit taxation-subvention qui vampirise l’économie

En France, l’Etat prend aux entreprises 115 milliards d’euros d’impôts et leur en redonne 110 milliards d’euros en aides et subventions distillées dans un maquis administratif. Plutôt que de laisser aux entreprises performantes la liberté de disposer de l’argent qu’elles gagnent, les gouvernements préfèrent le leur prendre pour le redistribuer aux entreprises les moins performantes. Il n’y a aucune logique à cela.

Dans certains pays, comme l’Estonie, il n’y a pas d’impôts sur les bénéfices tant que les bénéfices ne sont pas distribués. Ceci permet aux entreprises de financer leurs projets avec plus de fonds propres.

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