Il y a trop de dettes. Même Libération le dit, relayant les propos d’un « économiste atterré »… (Simone Wapler pour La Chronique Agora)

Les morts-vivants de la dette et le méga karch à venir

J’aime beaucoup lire les « économistes atterrés ». Ils sont une grande source d’inspiration.  Ce sont de fervents croyants de mythes et de miracles.

Comme vous le voyez au début de cet article, c’est la dette privée qui est mauvaise selon notre économiste atterré.

La dette publique, elle, est bonne. Elle ne zombifie pas.

Le miracle de Saint Fisc et le mythe selon Saint Keynes

Un truc mauvais quand il est privé, devient bon quand  il est public.

L’argent privé est sale. Il a été arraché par des êtres cupides à des pauvres. Mais l’argent public, lui est bon. C’est le « miracle de Saint Fisc » (1) qui transforme une chose vile en une chose bonne. Saint Fisc arrache son argent au méchant qui le détient et cet argent va servir le « bien public ».

Le miracle de Saint Fisc s’applique également à la dette. La dette privée est sale. Elle est contractée par des êtres avides qui veulent un « effet de levier » et vont ensuite saigner des débiteurs pour avoir du retour sur investissement. La dette publique, elle, est bonne. Elle va « réduire les inégalités », ce qui est un noble motif.

Saint Keynes a dit que l’argent public crée plus de richesse que l’argent privé. C’est ce qu’on appelle le « multiplicateur keynésien » auquel croient les économistes atterrés et les politiciens qui aiment bien brasser l’argent des autres.

Selon Saint Keynes, si l’Etat investit 1 €, son retour sur investissement sera supérieur à celui des personnes privées. Un misérable entrepreneur isolé, poursuivant de coupables intérêts égoïstes, peut se tromper. Il peut faire faillite, son retour sur investissement peut être négatif. Mais un fonctionnaire, lui, sait. Il n’est pas aveuglé par la cupidité. Il poursuit le « bien public » et l’argent va fructifier.

Notre économiste atterré enfonce le clou :

« La dynamique de la dette privée est donc la cause majeure des expansions et des récessions. C’est la raison pour laquelle la plupart des économistes mainstream, qui négligent le rôle joué par la dette privée, n’ont pu prédire la crise de 2008. Et pourquoi ils n’anticiperont pas plus la suivante.
[…]

L’Etat devrait intervenir dans l’économie en augmentant les dépenses publiques ou en baissant les impôts payés par les classes pauvres et moyennes ».

Mais au fait, pourquoi y aurait-il trop de dette privée ?

L’envers de la dette, c’est le crédit.

Autrefois, le crédit était adossé à de l’argent déjà existant, de l’épargne. Le cycle de crédit se régulait très facilement. Un mauvais crédit n’était pas remboursé. L’épargne correspondante était détruite. La multiplication de tels évènements réduisait le stock d’épargne, les taux d’intérêt montaient car le crédit se raréfiait.

Maintenant, le crédit se crée à partir de rien (ou presque). Il suffit d’avoir une licence bancaire. Les milliers de pages de la réglementation de Bâle 3 régulent le cycle de crédit.  Lorsqu’un  mauvais crédit ne peut pas être remboursé, la Banque centrale européenne le rachète. Il suffit d’être « trop gros pour faire faillite ».

Les folies du créditisme

Ce système, le créditisme, permet de financer toutes les lubies, publiques et même privées si vous êtes bien noté.

On le voit avec le cas de la dette SNCF qui va rejoindre le giron de l’Etat.

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